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	<title>DZactiviste.INFO &#187; Economie</title>
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	<description>Portail des activistes algériens sur Internet. Informer, débattre, organiser, résister</description>
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		<title>Entreprises publiques à l’abandon, travailleurs sur le carreau</title>
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		<pubDate>Tue, 19 May 2009 12:53:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans le cimetière des fleurons de l’économie nationale
   C’est une affaire d’argent et de politique. C’est aussi une histoire banale et triste de dépôts de bilan et d’ouvriers mis à la porte après trente ans d’usine. C’est surtout l’incroyable effondrement de l’industrie algérienne. Les plus grandes usines algériennes ne sont plus que l’ombre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans le cimetière des fleurons de l’économie nationale</strong></p>
<p><img src="http://www.elwatan.com/local/cache-vignettes/L200xH131/arton126279-75909.jpg" align="left" alt="" />   C’est une affaire d’argent et de politique. C’est aussi une histoire banale et triste de dépôts de bilan et d’ouvriers mis à la porte après trente ans d’usine. C’est surtout l’incroyable effondrement de l’industrie algérienne. Les plus grandes usines algériennes ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes, infestées par le salpêtre et les rats. Dans la zone industrielle de Oued Smar, il ne reste plus que des carcasses, fragments d’une gloire passée.</p>
<p>« Avant, il était impossible de circuler sur cette route tant il y avait du monde », nous dit Saïd, qui a autrefois travaillé dans cette zone industrielle. Face à des entreprises algériennes à l’agonie, les dépôts des grandes marques automobiles semblent bomber le torse. Sur la droite, il est possible de deviner que des panneaux d’affichage ont été retirés. Ici, une unité de la Sonarem, une entreprise d’exploitation minière, est devenue un hangar pour Wolksvagen. Là, Amos, spécialisée dans la charpente métallique et qui disposait d’un matériel dernier cri, n’est plus qu’un dépôt de l’Anep. Les noms des entreprises aujourd’hui fermées défilent : OMRC du bâtiment, DNC, Ecomewa, Sovimos… et Sorecal. Les vestiges de cette entreprise du bâtiment témoignent encore de sa splendeur passée. Elle comptait plusieurs usines : l’une pour la charpente en fer, l’autre pour le béton, une autre encore pour les dalles, un coin pour la peinture… Il n’en reste plus que quelques bureaux d’archives pour les anciens travailleurs qui voudraient récupérer des papiers. Une partie de l’usine de dalles appartient désormais à l’entreprise publique d’aluminium EPLA, appartenant au groupe Ola de production aluminium. « Elle n’a de Sorecal que le nom », assure l’agent de sécurité d’EPLA. En face, le terrain qui servait de parc à Sorecal est un vaste chantier. L’entreprise Sorecal a définitivement fermé ses portes en 1998. Elle comptait 3500 travailleurs ayant construit leur vie autour de cette entreprise. Le bureau d’archives de Sorecal est un immense bric-à-brac. Les équerres, les règles et les rapporteurs, instruments nécessaires à l’établissement des plans de construction, sont toujours accrochés au tableau.</p>
<p>« J’ai perdu de vue la majorité des travailleurs de l’entreprise. Certains sont morts et d’autres envisagent de changer d’activité. Il est difficile de croire qu’une entreprise comme Sorecal, avec 15 centrales à béton, un important plan de charge et un matériel inimaginable, soit partie en fumée. Il y avait des anciens et des jeunes pleins d’avenir », narre l’un des responsables du bureau, ayant intégré Sorecal en 1978 lorsque l’entreprise s’apprêtait à construire plus de 30 000 logements. « Ce que font les Chinois et les Turcs aujourd’hui, on l’a fait y a vingt ans », affirme-t-il. En sa qualité d’entreprise publique, Sorecal ne répondait pas aux appels d’offres. L’Etat assignait des plans de charge pour construire vite, bien et pas cher. « On nous obligeait à construire à des coûts raisonnables. Le prix du mètre carré habitable appliqué était trop bas par rapport au prix réel. Tout ce qui importait à l’Etat, c’était d’assurer les livraisons. La société travaillait à perte. On s’endettait auprès des banques. Aucune entreprise chinoise ou turque n’aurait accepté cela », expliquent les anciens employés de l’usine. Alors que l’endettement commençait déjà à ronger la Sorecal, le Fonds monétaire international (FMI) et son plan d’ajustement structurel a sonné le coup de grâce. L’aventure a été tentée une nouvelle fois en 2000 avec la Générale algéroise de construction, Gealco. Un véritable flop. En trois ans, la nouvelle entreprise du bâtiment a dû mettre les clés sous la porte.</p>
<p>Un bégaiement de l’histoire : travail à perte, endettement, faillite, licenciement, comme si aucune leçon du passé n’avait été retenue. « Même si l’on voulait faire tourner l’entreprise une nouvelle fois, comment et avec qui le ferait-on ? La nouvelle génération n’y connaît rien. On a tenté de reprendre l’affaire en 2000, mais le secteur était trop déstructuré. On a hérité d’une main-d’œuvre qualifiée. Beaucoup de personnes ont été formées à l’étranger. Aujourd’hui, tout cela est parti », déplore, non sans une note d’amertume, l’ancien employé de l’entreprise. Les quelques travailleurs restés à Sorecal nous exhibent les photographies jaunies de l’usine dans ses plus belles années.</p>
<p>« Working man hero »</p>
<p>Ici, les travailleurs s’échinaient à peaufiner un projet pour l’ambassade de France. Là, c’est pour la clôture de l’université de Bab Ezzouar qu’ils se donnaient du mal. « Tout est parti, c’est tout une vie », susurre-t-on. Puis un brusque retour à la réalité : « Et Temmar, quand va-t-il se décider à nous verser nos salaires ? Cela fait treize mois qu’on n’a pas de quoi manger », lance un agent posté à la sortie de « l’usine »… du moins ce qu’il en reste. D’autres entreprises ont été sabotées sans l’aide du FMI. La politique économique et industrielle du pays suit parfois une logique que la logique a du mal à suivre. Le cas de Sonatro, entreprise de travaux publics, illustre parfaitement l’incohérence et l’absurdité de la gestion des entreprises publiques. Dans la zone industrielle de Rouiba, les travailleurs de Sonatro, qui observent chaque jour des sit-in devant le siège de leur entreprise, crient leur rage de voir un « fleuron national » sur le point de disparaître. Leurs mots contre les responsables de l’entreprise ne sont pas assez durs : « Nous sommes gérés par une maffia » « Ce sont des voleurs » « Certains DG nous ont menés à l’oued ». A Sonatro, les erreurs se sont accumulées et l’entreprise s’est effondrée en même temps que le moral de ses salariés. Aujourd’hui, tous les chantiers de Sonatro sont bloqués, d’Alger à l’extrême Sud.</p>
<p>Les quatorze postes de concassage et les neuf postes d’enrobage sont à l’arrêt. « Ce matin, mes enfants sont sortis sans même prendre leur lait. » « Je suis venu de Tizi Ouzou avec 30 Da dans la poche, laissant mes enfants affamés », lance l’un des travailleurs. Pour Sonatro, c’est un scénario noir qui se profile : les cadres supérieurs se disent marginalisés, les ingénieurs compétents sont partis, les dettes se sont accumulées (570 milliards de centimes, selon les ouvriers) et plus de 2000 travailleurs risquent de se trouver sur le carreau. « Nous voulons travailler pour que cette entreprise récupère sa place. L’ouverture imminente d’une commission d’enquête est nécessaire. Sonatro ne peut pas disparaître comme ça », disent les employés réunis sous une chaleur suffocante près du grand portail de l’entreprise. Victimes du grand « fantasme politique » des années 1970, les entreprises publiques payent aujourd’hui un lourd tribut pour le manque de vision des responsables algériens.</p>
<p>A l’Enpec, entreprise d’électrochimie et de production de tous types de batteries, personne ne prononce publiquement le terme. Uniquement en privé, les travailleurs évoquent les problèmes dans lesquels se débat leur entreprise. L’unité n’arrive plus à produire en raisin du manque de matières premières. Les inquiétudes s’accroissent. Les responsables de l’unité de production de Oued Smar, siège de l’entreprise Est à Sétif, ne souhaitent pas s’attarder sur les soucis de l’Enpec, estimant que ces derniers sont communs à toutes les entreprises publiques algériennes. « Tout le secteur industriel est en difficulté. Voilà ce qui arrive quand on ne donne pas à l’entreprise les moyens de se développer. Les Marocains et les Tunisiens ne sont pas meilleurs que nous. Nous leur avons tout appris », explique l’un des responsables de l’unité de Oued Smar, blouse bleue et sourire engageant. Ces mots sonnent comme une flèche décochée en direction de l’entreprise tunisienne d’électrochimie qui semblait intéressée par l’acquisition de l’Enpec. En 1983, l’Enpec (ex-Sonelec) comptait 350 travailleurs. La moitié ont quitté l’entreprise. Dans ses plus belles années, elle avait une capacité de production de 280 000 batteries pour automobiles par an. Elle n’en produit désormais que 90 000. Elle espère survivre malgré tout à la tourmente qui l’assaille.</p>
<p>Fermetures en chaîne</p>
<p>La visite des zones industrielles offre des spectacles de désolation. Districh est probablement l’entreprise qui rappelle le plus cette période, où les espoirs étaient permis et les utopies sociales et politiques admises. Mais à l’intérieur de l’usine de maroquinerie, les machines se sont tues depuis longtemps. La poussière s’est accumulée et la rouille a pris dans les matériels de production. L’unité Districh de Rouiba sert de lieu de dépôt pour les derniers produits, avant leur liquidation. A côté, Tameg, l’usine de tannage des cuirs, fait toujours semblant d’exister, même si des problèmes de trésorerie subsistent encore et qu’il n’est plus possible d’acheter les produits chimiques nécessaires à la tannerie. « Les unités ne tournent pas à plein régime. Il n’y a pas eu de licenciements mais beaucoup de travailleurs ont pris leur retraite anticipée. Il semble qu’il pourrait y avoir d’autres compressions. L’usine compte aujourd’hui 148 travailleurs. Il y en avait plus de 800 », explique l’un des travailleurs de l’usine. Autrefois, l’usine produisait 9000 peaux/jour et elle est parvenue à une production de 10 000 peaux/jour, dont une partie était exportée. Il n’en sort aujourd’hui que 1500 peaux par jour.</p>
<p>Dans la liste des usines « fantômes », les deux unités de production de levure fraîche Safa (filiale d’Eriad) figurent en bonne place. « L’usine est à l’arrêt depuis plus de huit ans. Les locaux portent des traces d’humidité et d’infiltrations d’eau. L’électricité a été coupée. Sur l’immense terrain qui appartient à l’entreprise, des mauvaises herbes, des égouts et des unités de fabrication de levure semblent neuves. Ils ont dépensé des millions pour acquérir ce matériel. A présent, il ne sert plus à rien », assure l’un des agents de sécurité, qui nous a servi de guide. Sur les 700 employés de l’entreprise, il n’y en a plus qu’une cinquantaine qui reçoivent leur salaire « une fois tous les trois mois ». Le géant français de la levure fraîche Lesaffre semblait très intéressé par la reprise de l’usine. Son directeur est venu à quatre reprises visiter l’usine. Puis, les travailleurs n’en ont plus jamais entendu parler. Les besoins nationaux en matière de levure fraîche sont estimés à environ 80 millions d’euros, et sont couverts à 100% par les importations. 80% proviennent justement de la compagnie française Lesaffre et 20% de Turquie. A présent que les machines ont cessé leur vacarme, ce sont les ports qui s’activent avec leur cortège de containers, quelques factures en plus et des milliers d’emplois en moins.</p>
<p>EW 20 05 2009<br />
Par Amel Blidi</p>
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		<title>Omar Aktouf « Il faut mettre les réserves de change au service du développement »</title>
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		<pubDate>Wed, 13 May 2009 09:28:38 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Omar Aktouf. Professeur de management à HEC Montréal. 
A l’occasion de sa récente visite à Alger, où il a donné une série de conférences à l’ISGP, au Forum des chefs d’entreprise et au Forum international de la ressource humaine, Omar Aktouf, professeur émérite de management à HEC Montréal et auteur d’un nombre impressionnant d’ouvrages de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Omar Aktouf. Professeur de management à HEC Montréal. </p>
<p><a href="http://www.dzactiviste.info/wp-content/uploads/2009/05/aktouf1.jpg"><img src="http://www.dzactiviste.info/wp-content/uploads/2009/05/aktouf1.jpg" alt="aktouf1" title="aktouf1" width="141" height="200" class="alignleft size-full wp-image-1011" /></a>A l’occasion de sa récente visite à Alger, où il a donné une série de conférences à l’ISGP, au Forum des chefs d’entreprise et au Forum international de la ressource humaine, Omar Aktouf, professeur émérite de management à HEC Montréal et auteur d’un nombre impressionnant d’ouvrages de référence dans cette importante filière des sciences économiques, a accepté de répondre aux questions que nous lui avons posées. Touchant à un large éventail de problématiques liées à la crise financière internationale, dont on ne connaît pas encore toutes les retombées possibles, les propos d’un chercheur d’une aussi grande envergure mériteraient d’être lus, aussi bien par les universitaires et les managers d’entreprises que par les autorités en charge de l’économie nationale.</p>
<p><strong>- N’est-il pas injuste d’attribuer, comme vous venez de le faire à l’occasion de la conférence que vous venez de donner à l’ISGP, la responsabilité de la destruction des ressources naturelles de la planète au seul système néolibéral, sachant que le système collectiviste n’a pas, non plus, été tendre avec la nature ? L’assèchement de la mer d’Aral et la pollution nucléaire (Tchernobyl) étant deux exemples bien connus d’atteinte grave à la nature, sous le règne du collectivisme soviétique.</strong></p>
<p>- Je suis très surpris d’avoir cette image complètement fausse, et vous n’êtes malheureusement pas le seul à m’en faire la remarque, d’une personne qui prône le collectivisme. Je suis pourtant de ceux qui ont pensé et, précocement écrit, que ce qu’ont fait l’Union soviétique et la Chine en matière de destruction de la nature, était catastrophique. Le stalinisme, le maoïsme ne m’ont jamais inspiré. Le modèle que je préconise et dont je m’inspire, c’est le modèle social-démocrate des pays scandinaves, de l’Allemagne actuelle, du Japon et de la Corée du Sud.</p>
<p><strong>- Qu’auraient de particulier ces pays qui ont adopté le modèle socio-démocrate ?</strong></p>
<p>Ce que ces pays ont de particulier, c’est qu’ils ont tous pour référence l’Allemagne qui a été un des premiers pays au monde à avoir intégré des écologistes au Parlement. Elle a également été le premier pays à avoir instauré la cogestion qui, pour information, date de 1870 à l’époque de Bismark. Le dialogue et la concertation ont depuis longtemps prévalu dans ce pays où les mouvements sociaux, l’Etat, le patronat, les acteurs économiques et les défenseurs de la nature ont l’habitude de se rencontrer pour dialoguer et se concerter avant de prendre des décisions d’intérêt général. Les ressources naturelles ont de ce fait été beaucoup mieux défendues par ce système capitaliste entrepreneurial industriel, que se sont également approprié le Japon et les pays scandinaves, que par le système néolibéral nord-américain ou britannique, qui ont été particulièrement passifs, pour ne pas dire complices, de la dévastation à grande échelle des ressources naturelles.</p>
<p><strong>- Vous avez avancé, à l’occasion de cette même conférence, que le seul avantage comparatif, susceptible de compter aujourd’hui pour un pays qui veut avoir une place honorable dans le monde, est l’éducation. Savez-vous que l’Algérie consacre depuis des décennies environ 25% du budget de l’Etat à l’éducation nationale et que ce n’est par pour autant qu’elle a émergé sur le plan international ?</strong></p>
<p>L’éducation dont je parle ne se résume pas à un problème de part de budget ou de PIB qu’on réserve au secteur éducatif. Quel statut ont les éducateurs ? Quelle formation leur donne-ton ? Quelle considération leur accorde-t-on ? Quels salaires leur offre-t-on ? Ce sont autant de questions importantes qu’on n’a malheureusement pas résolues. Avant de quitter l’Algérie au début des années 1980, je voyais déjà décliner le statut et la considération dont bénéficiaient les enseignants dont je faisais partie. L’enseignant, mal payé et déconsidéré, avait été progressivement relégué au stade de répétiteur de manuels scolaires au profit de sureffectifs d’élèves qui s’entassaient dans des classes surchargées. Mettre autant d’argent dans le secteur de l’éducation c’est bien, mais encore faudrait-il commencer par revaloriser le statut des enseignants qui en sont la cheville ouvrière. </p>
<p>Il serait également temps d’équilibrer les branches d’enseignement, car tel que le montrent les statistiques en notre possession, seuls 12% de nos étudiants suivent des filières technologiques, 80% de l’effectif estudiantin étant dans les filières littéraires. C’est très grave et si on veut que les budgets conséquents alloués au secteur de l’éducation donnent des résultats en termes d’avantages compétitifs, il faudrait d’abord songer à mieux équilibrer les effectifs entre filières technologiques et filières littéraires.</p>
<p><strong>- L’Algérie a élaboré et mis en œuvre des réformes économiques à la fin des années 1980, c’est-à-dire à l’ère du néolibéralisme triomphant qui a du reste beaucoup influencé nos réformateurs. La récente crise financière internationale ayant mis en évidence la vulnérabilité de ce modèle, ne pensez-vous pas qu’il faudrait, comme sont en train de le faire les pays les plus libéraux, que l’Algérie revoie sa stratégie économique ?</strong></p>
<p>Le néolibéralisme de Reagan et Thatcher a effectivement connu un triomphe dans les années 1980 et beaucoup de pays du Tiers-Monde, dont l’Algérie, en ont été séduits et ont entamé des réformes sous l’impulsion du FMI et de la Banque mondiale. Les réformes en question se résumaient en trois ou quatre actions consistant à privatiser, tout marchandiser, diminuer l’importance de l’Etat et ouvrir son marché. </p>
<p>On a appelé cela la « libéralisation des marchés ». Le résultat en est que cette libéralisation a ouvert les marchés à l’échelle mondiale, essentiellement aux multinationales et aux pays riches et dominants. Les pays en voie de développement n’étaient pas suffisamment armés pour prendre des parts de marché aussi bien chez eux qu’à l’étranger car, quand vous ouvrez les marchés à la concurrence, c’est toujours le plus fort qui gagne. On peut prendre l’exemple du Mexique qui n’a jamais autant perdu que depuis qu’il s’est mis en concurrence avec les USA en intégrant, en 1994, la zone de libre-échange ALéNA. </p>
<p>Le Mexique a ainsi perdu quelque 35 000 PME en quelques années, en raison de la pénétration de produits étrangers, notamment américains et canadiens, dans le pays. Les revenus salariaux mexicains, soumis à la concurrence territoriale créée de toutes pièces par les entreprises américaines, ont également chuté de 35%, entraînant une baisse dramatique du pouvoir d’achat des Mexicains. Le Mexique est vraiment un cas d’école, car même si le PIB du Mexique a considérablement progressé, il n’indique pas ce que le pays a perdu en ressources naturelles ayant quitté le territoire national, ni les dégâts considérables causés à l’environnement (déforestation, sécheresse dramatique) et à la société mexicaine (trafic de drogue).</p>
<p><strong>- A l’heure des zones de libre-échange et du commerce sans frontières, auxquels pratiquement tous les pays du monde ont adhéré, vous ne recommandez tout de même pas à l’Algérie, qui n’est pas encore membre de l’OMC, de rester en dehors ?</strong></p>
<p>C’est possible et la Malaisie en est un parfait exemple. Ce pays n’a laissé aucune mesure de l’OMC, du FMI ou de la Banque mondiale, entrer chez lui et il s’en porte très bien. La Chine est, certes, membre de l’OMC, mais quand il s’agit de préserver ses intérêts, elle n’en fait qu’à sa tête. Il faut savoir que le néolibéralisme a conduit à cette idée folle qu’il faut ouvrir tous les marchés à la concurrence et laisser les opérateurs économiques entrer dans un capitalisme sauvage du XIXe siècle et l’Algérie n’y a pas échappé.</p>
<p><strong>- Mais comment s’en sortir après plus de 20 années de réformes inspirées de ce modèle ?</strong></p>
<p>Cela va être extrêmement difficile, car on a fait du libéralisme une vérité absolue. Avec tout ce qui est arrivé, les gens continuent à parler de marché, à parler de valeurs boursières alors que c’est cela qui nous a mis dans la crise, dans laquelle on se trouve maintenant. Ce sont les bourses et les valeurs boursières factices des entreprises qui ont fait des bulles, qui, à l’instar des subprimes de la bulle immobilière, sont en train d’éclater partout. Il faut absolument faire contrepoids à ce modèle (consensus de Washington) qui nous a menés à cette catastrophe. C’est précisément l’objectif du nouveau consensus (consensus de Pékin) qui vient d’être adopté par certains pays émergents, comme la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Venezuela avec, à la clé, un certain nombre de principes parmi lesquels le développement autocentré sans modèle impératif mais adapté aux spécificités et priorités du pays, le non-alignement et la non-inféodation à aucun modèle ni institution économique quels qu’ils soient et le primat de l’intérêt national avant tout. Il serait, à titre d’exemple, de l’intérêt de l’Algérie de conserver ses ressources pétrolières et gazières le plus longtemps possible.</p>
<p><strong>- Autant de principes qui fondent le patriotisme économique&#8230;</strong></p>
<p>Absolument. L’intérêt national d’abord et non celui des entrepreneurs nationaux ou étrangers qui veulent s’enrichir sans tenir compte de l’intérêt du pays. Il n’est pas interdit aux entrepreneurs de s’enrichir, mais à condition qu’ils ne le fassent pas au détriment de la nature, qu’ils contribuent à la formation de leurs personnels, qu’ils payent leurs impôts et qu’ils apportent quelque chose de plus à leur environnement.</p>
<p><strong>- L’Algérie dispose d’environ 144 milliards de dollars de réserves de change sur lesquelles on s’interroge quant aux meilleures formes possibles de placement. Certains recommandent de les injecter dans les infrastructures de base et sous forme de crédits à allouer aux entreprises. D’autres préconisent, vu l’archaïsme de nos banques, de les placer à l’étranger là où elles rapportent le plus tout en étant en sécurité. Quel est votre point de vue sur la question ?</strong></p>
<p>Le système financier international connaissant actuellement une situation de marasme, il est évidemment peu recommandé de placer ce pactole sur les places financières mondiales. Cela est extrêmement risqué d’autant plus qu’on n’a pas les instruments qu’il faut pour savoir quelles sont les banques et les institutions financières qui ont absorbé le moins de créances toxiques. Il y a bien sûr les bons du Trésor américain, mais là aussi il faudrait être sûr de la stabilité du dollar qui, comme vous le savez, fluctue au gré du marché pétrolier et du comportement de certaines monnaies, comme la monnaie chinoise. La meilleure sécurité pour nos réserves de change consiste à les placer dans le développement, économique et la formation qualifiante. C’est pourquoi je pense que la bonne solution devrait consister à rapatrier sans tarder ces réserves pour les placer le plus rapidement possible dans des programmes de développement de capacités de production installées, la réalisation d’infrastructures, la formation à divers métiers, l’acquisition de connaissances et de technologies nouvelles et la promotion de PME. Il ne faut vraiment pas craindre de former, qualifier et requalifier si nécessaire la moitié de l’Algérie.</p>
<p><strong>- Vous venez de publier aux éditions Liber un nouvel ouvrage sous le titre Halte au gâchis. Quelles sont les idées force que vous avez développées dans ce livre qui connaît un grand succès éditorial, notamment au Québec ?</strong></p>
<p>C’est un livre que j’ai écrit à la suite de Stratégie de l’autruche publié en 1998, à la faveur duquel j’avais déjà commencé à entrevoir l’avènement inéluctable de crise financière internationale. J’avais écrit tout un chapitre traitant de la financiarisation de l’économie en disant en substance que la finance est une trahison de l’économie. Et la finance a effectivement fini, comme on le constate aujourd’hui, par faire dégringoler l’économie. J’ai écrit ce livre à la fin de l’année 2008, car j’étais troublé de voir la crise financière que j’avais prévue arriver et s’installer comme si elle était irrésistible alors que j’avais fait la démonstration qu’elle était résistible. Halte au gâchis constitue pour moi un cri de rage contre les écoles d’économie et de business classiques américaines qui ont formé ces MBA finances, de véritables esprits tordus, qui sont à l’origine des subprimes qui ont intoxiqué l’économie mondiale et d’une masse financière gigantesque que l’économie réelle ne peut pas absorber.</p>
<p>Par Nordine Grim<br />
EL Watan 13 05 2009</p>
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		<title>Le temps des vaches maigres pour l&#8217;économie algérienne</title>
		<link>http://www.dzactiviste.info/2009/04/22/le-temps-des-vaches-maigres-pour-leconomie-algerienne/</link>
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		<pubDate>Wed, 22 Apr 2009 11:50:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Economie]]></category>

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		<description><![CDATA[Au premier trimestre 2009, la valeur des recettes des exprtations algériennes a atteint 10,74 milliards de dollars, soit une baisse de 42,07% par rapport à la même période en 2008. Pour la même période, la facture des importations a atteint 9,42 milliards de dollars, soit une hausse de 10,07%. La balance commerciale du pays reste [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.econostrum.info/photo/1334090-1759457.jpg?v=1240387127" align="right" alt="" />Au premier trimestre 2009, la valeur des recettes des exprtations algériennes a atteint 10,74 milliards de dollars, soit une baisse de 42,07% par rapport à la même période en 2008. Pour la même période, la facture des importations a atteint 9,42 milliards de dollars, soit une hausse de 10,07%. La balance commerciale du pays reste ainsi excédentaire mais très faiblement. Cet excédent est de 1,32 milliard de dollars, contre 9,99 milliards de dollars durant la même période 2008. Ces données ne laissent plus aucune doute subsister : le pays est bel et bien affecté par la crise mondiale.</p>
<p>Le plus inquiétant encore est que sa situation financière risque de se détériorer encore plus dans les mois à venir par l&#8217;effet de la tendance baissière que subissent les cours du pétrole. Si cette tendance devait se poursuivre, il est attendu que la balance commerciale de l&#8217;Algérie plongera dans le rouge du déficit et les autorités se verront contraintes de puiser plus rapidement que prévu dans les réserves financières.</p>
<p>Considéré sous cet angle, le troisième mandat du président Bouteflika démarre sous de biens mauvais augures. L&#8217;on voit mal en effet comment le Président réélu pourrait tenir ses engagements électoraux avec une manne financière qui menace de se réduire comme une peau de chagrin.</p>
<p>Autant dire que l&#8217;euphorie de la victoire va être de courte durée pour lui, parce qu&#8217;il va lui falloir vite procéder à des révisions douloureuses dans l&#8217;utilisation des finances publiques et revoir à la baisse inévitablement les investissements étatiques, en renvoyant aux calendes grecques certains projets et objectifs.</p>
<p>Il y a que cela risque de faire exploser les impatiences populaires. Et ce qui se passe actuellement dans certaines wilayas du pays ne plaide pas pour un front social apaisé voulu ainsi par des citoyens conscients que la mauvaise conjoncture que traverse le pays leur fait obligation de taire leurs attentes.</p>
<p>Le gouvernement qui va être en charge des affaires du pays durant cette période, qui s&#8217;annonce celle des vaches maigres, ne sera pas à la fête. Les signes annonciateurs d&#8217;explosion sociale se multiplient, alors que Bouteflika promet qu&#8217;il poursuivra son programme et tiendra ses promesses électorales. Qu&#8217;en sera-t-il si le pays est contraint à une cure drastique d&#8217;économie ? La situation n&#8217;en deviendrait que plus explosive si Bouteflika, s&#8217;en tenant au concept étroit de la continuité, s&#8217;avise dans ce contexte de confier les affaires du pays à une équipe dans laquelle seraient reconduits ceux-là mêmes qui ont soutenu avec morgue que l&#8217;Algérie est à l&#8217;abri des impacts de la crise mondiale.</p>
<p>Officiellement, plus de 13 millions d&#8217;électeurs ont investi Bouteflika de leur confiance. Mais cette écrasante majorité ne lui sera d&#8217;aucun secours si l&#8217;horizon financier du pays continue de s&#8217;assombrir et le force à aller à contre-courant de ses promesses électorales. Il ne pourra en effet la conserver en lui faisant valoir qu&#8217;il a été contraint par la conjoncture. Ceci d&#8217;autant que son bilan de la période faste, bien qu&#8217;acceptable en beaucoup de points, n&#8217;a pas été un succès spécialement éclatant.</p>
<p>Kharroubi Habib </p>
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		<title>prix de la pomme de terre: «Le timing n’est pas fortuit»</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Apr 2009 11:42:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions & Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Election 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Pomme de Terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Dr Mouhoubi à propos du prix de la pomme de terre en pleine élection. 
Affichant 100 dinars le kilogramme, la pomme de terre vient d’atteindre un prix historique jamais connu dans l’histoire de la mercuriale algérienne. Pour les observateurs de la scène économique, cette hausse «n’est pas normale», d’autant plus que cet aliment de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Dr Mouhoubi à propos du prix de la pomme de terre en pleine élection. </p>
<p>Affichant 100 dinars le kilogramme, la pomme de terre vient d’atteindre un prix historique jamais connu dans l’histoire de la mercuriale algérienne. Pour les observateurs de la scène économique, cette hausse «n’est pas normale», d’autant plus que cet aliment de base a augmenté de 300 % en quelques semaines.</p>
<p>D’autres n’hésitent pas à lier l’envolée du prix du tubercule à la campagne électorale. «Il y a une volonté manifeste de chauffer le front social. Pourquoi a-t-on choisi cette période ? J’estime que le timing n’est pas fortuit ?» relève le docteur Salah Mouhoubi, économiste et politique, enseignant à l’université d’Alger.</p>
<p>Le spécialiste ajoute que cette hausse devrait être contenue dans l’immédiat, et ce sont les pouvoirs publics qui ont «latitude de cerner, au plus vite, ce grave problème». «Qu’elle soit d’ordre structurel ou spéculatif, cette situation devient alarmante. L’Etat se doit de réguler afin de stabiliser les prix», préconise l’économiste. </p>
<p>Selon notre interlocuteur, l’économie de marché ne signifie pas anarchie, surtout lorsqu’il s’agit d’un produit aussi important que la pomme de terre. «Ce légume est l’aliment de base du ménage algérien, et quand il atteint un prix aussi haut, la machine de l’Etat devrait s’enclencher automatiquement», souligne l’expert, ajoutant que deux solutions, au moins, devraient figurer au chapitre. </p>
<p>«Il aurait été judicieux de permettre l’importation de la pomme de terre quand il y a des tensions, d’autant plus que la palette des produits venus d’ailleurs englobe même l’ail que nous importons désormais de Chine», signale-t-il. «Cette option ne serait pas négative. L’importation ne durera qu’un laps de temps. Juste pour permettre l’arrivée de la production locale sur le marché», enchaîne l’économiste, non sans appeler les pouvoirs publics à combattre sans relâche les relais de la spéculation. L’expert n’omet pas de souligner le rôle de l’Etat à mener à bien la politique agricole ou du moins à «revoir sa copie», en ce sens que des sommes faramineuses ont été allouées au secteur.</p>
<p>Djamel Zerrouk</p>
<p>Le Jeune Indépendant, 5 avril 2009</p>
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