L’ALGERIE DES PARRAINS Par MOUH

I- BELKHIR , TOUFIK MEDIENE,SMAIN LAMARI ET LA MICRO-COLONIE DU CLUB DES PINS

En avril 2004, aussitôt Abdelaziz Bouteflika « réélu » président, Jacques Chirac se rend à Alger pour l’en féliciter et l’inviter à engager entre leurs deux pays un « partenariat d’exception » [1]]. Ambition louable s’il s’agissait d’établir entre la France et l’Algérie des rapports de coopération économique, culturelle, touristique ou scientifique sains et bénéfiques pour les deux peuples. Or, il y a supercherie sur l’identité du partenaire, la micro-colonie du Club des pins qui domine et assujettit le pays et qui mène une guerre sans merci au peuple algérien, lequel ne sert que d’alibi à la manœuvre. Le score de 84 % par lequel les Algériens sont censés avoir désigné Abdelaziz Bouteflika donne la mesure du mépris que le régime leur voue, eux qui le reçoivent partout où il se rend avec des pluies de pierres et des volées d’injures. Aux yeux de l’opinion mondiale, le pouvoir entretient la fiction d’un renouveau. Or, Mohamed-Chérif Messaâdia, était le chef de file de la vieille garde « barbéfélène » jusqu’en 1988 où il fut sacrifié à l’autel de la « démocratisation » [2].

Le ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem, est le promoteur en 1984 du toujours en vigueur Code de la famille qui fait de la femme une chose. Le ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, contribua dès 1962 à asseoir le pouvoir absolu de la Sécurité militaire, aux côtés d’Ali Tounsi, actuel chef de la Sécurité intérieure, connu pour avoir été durant la guerre d’indépendance membre du « commando Georges » de sinistre mémoire. Voilà quelques exemples de ces partenaires d’exception de la France, censés incarner la rupture avec le passé, sous la houlette d’Abdelaziz Bouteflika, fossoyeur en 1962 des rêves d’indépendance des Algériens et membre de l’équipe qui poussa – avec force assassinats – à l’exode un million d’Européens et des dizaines de milliers de Harkis. Déchu en 1979, condamné pour vol, il doit son retour en grâce en 1999 au fait qu’il présente aux yeux des vrais détenteurs du pouvoir, Larbi Belkheir, Toufik Mediene, Smaïn Lamari, le profil idéal pour masquer à l’opinion internationale la réalité cruelle d’une dictature féroce, un État terroriste, un sol vandalisé, un pays en voie de démantèlement. Une économie sinistrée L’analyse que fait le banquier américain William Byrd [3] de l’économie algérienne susciterait l’épouvante chez n’importe quel diplomate honnête désirant traiter avec l’Algérie. Pour un niveau d’investissement flatteur de 32 % du PIB de 1971 à 2000, les « investissements étrangers sont concentrés dans le seul secteur des hydrocarbures, dans un territoire loin des populations algériennes qui n’en profitent ni en matière d’emploi ni en autres retombées. » Le chômage est estimé à 30 % en 2001, le pire de l’ensemble des pays de la Méditerranée (hormis peut-être la Bosnie-Herzégovine), la réalité étant bien pire que ce que suggèrent ces données officielles fournies par l’OIT et le FMI. L’Algérie ne fonctionne que grâce à l’exportation des hydrocarbures (98 % du montant global) ; « 14 000 sociétés privées assurent l’équivalent de 90 % du volume global des importations du pays et dont la facture oscille entre 13 et 14 milliards de dollars par an » [4] ; tel est le résumé de l’accaparement d’un pays par une minorité parasite.
Selon le banquier, « la rente issue du secteur des hydrocarbures a permis la constitution d’une vaste organisation clientéliste informelle opérant sous le couvert des institutions officielles » dont la « fonction fondamentale est de protéger les transactions d’une caste d’opérateurs économiques [...]. Dans cette organisation, les actes de régulation sont trop souvent le fait d’un clan du régime cherchant à entraver l’action d’un concurrent. » Des pseudo-« contrôles sanitaires » ne ciblant que « des importateurs non impliqués dans le système de pouvoir parallèle », des « capacités publiques [...] largement utilisées pour maintenir des positions dominantes sur un certain nombre de secteurs d’importation », des « impôts sélectifs [évalués] en fonction des relations dans le sérail militaro-sécuritaire et les agents du fisc [qui servent] de vecteurs de destruction des concurrents », des magistrats « relais des clans quand il s’agit d’éliminer juridiquement, voire d’emprisonner, des gestionnaires gênants pour les affaires de ces groupes d’intérêts », voilà quelques exemples de ce qui caractérise l’État algérien, une administration malfaisante, traître à son pays. Cette description d’un État à mettre au ban des nations rend pourtant à peine compte de la réalité d’un pays ravagé, une dépouille sur laquelle s’acharnent, telle une meute de vautours, les multinationales et les mafias politico-militaro-médiatico-affairistes. Nous allons examiner quelques aspects de cette folle mise à sac, dans des secteurs où les 30 millions d’Algériens, responsables présumés de tous les maux, ne peuvent servir d’alibi. Banques à tiroir ouverts Tout le monde a en mémoire le méga-scandale Khalifa, qui n’a jusqu’ici fait de victimes que parmi les clients civils de la banque et le Trésor public, devenu propriété privée des réseaux dont Larbi Belkheir, « conseiller à la présidence », est la figure tutélaire [5]. Parrain des institutions du pays, et jouissant de soutiens inconditionnels en France, Larbi Belkheir est à l’abri de toute poursuite ; quant à Moumène Khalifa, le prodigue « golden »-président du groupe, d’innombrables mandats d’arrêts internationaux ne l’empêchent pas de couler des jours tranquilles à Londres. L’épilogue de cette affaire n’est pas prêt d’être rendu, malgré des mises en examen spectaculaires : « L’ex-ministre des Finances Mohamed Terbèche, [...] Abdelmadjid Tebboune et Abdelmadjid Attar, respectivement ex-ministres de l’Habitat et des Ressources en eau, l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, Abdelwahab Keramane, [...] l’actuel gouverneur de la Banque d’Algérie (BA), Mohamed Laksaci, et le premier vice-gouverneur, Ali Touati [...], en leur qualité, pour le premier, de gouverneur de la BA durant la période 2003 et, pour le second, en tant qu’ancien responsable du contrôle des changes. [6] » « Les responsables de ces organismes ont affirmé lors de l’instruction avoir pris la décision de retirer une grande partie de leur trésorerie des banques publiques pour les mettre dans les caisses d’El-Khalifa Bank à la suite d’“une instruction verbale” du ministre de l’Habitat, Abdelmadjid Tebboune [...]. “En contrepartie des dépôts, les responsables d’El-Khalifa Bank versaient des dessous de table aux dirigeants.” » Ces fonds ont permis notamment à Khalifa TV d’arroser généreusement le PAF (paysage audio-visuel français) et d’acquérir la villa « la plus chère » de Cannes pour abriter des soirées pharaoniques où était convié le gratin du show-business français [7]. « La plus grande escroquerie que le pays a connue et qui a causé au Trésor public la perte sèche de près de 7 milliards de dollars » égrène l’inventaire des délits financiers imaginables : « transferts illégaux d’importantes sommes en devises [...] au profit d’au moins une cinquantaine de personnalités politiques, sportives et culturelles, [...] sommes énormes en devise offertes à travers les cartes Gold à des hautes personnalités de l’État, [dont] des patrons d’importantes institutions publiques ainsi que le frère du président de la République et ancien avocat du groupe Khalifa », salarié à raison d’« un demi-million de dinars par mois ». Les transferts illicites d’El-Khalifa permettent aussi aux frères Bouteflika d’acheter « l’appartement du 182 faubourg Saint-Honoré (Paris 8) » et au président de se distraire, puisqu’il « a embrassé Adel Imam en juillet [2003] grâce aux dollars tirés illégalement d’El-Khalifa à la demande de Khalida [Messaoudi] Toumi ». Le président serait intervenu pour que la chanteuse Amel Wahby touche de Khalifa « un chèque en devises de 500 000 euros et un autre en monnaie nationale de 6 millions de dinars », etc. Selon le ministre de la Justice, « de hauts responsables ont été auditionnés dans cette affaire et un seul inculpé a été retenu, à sav!
oir M. Keramane, l’ancien gouverneur de la BA. » El-Watan, 12 septembre 2004, Le Jeune Indépendant, [8] Larbi Belkheir & Co. peuvent donc dormir tranquilles.

II- GENERAUX ET MINISTRES COMBRIOLEURS

L’activité bancaire en Algérie est une saga continue d’escroqueries. Entre mille affaires, cette « success-story » à l’algérienne, celle de Ziane Habib « pompiste dans une station d’essence à ses débuts [9] », devenu propriétaire de la Banque générale méditerranéenne, spécialisée dans des activités mafieuses liées au remboursement de la « dette russe », une banque privée sans siège, qui compte dans son personnel Antoine Morot, PDG à son insu (il l’apprend lorsque le scandale éclate dans la presse), des consultants de choix, El-Hassar Choaïb, vice-gouverneur de la BA et Stambouli Bachir, haut fonctionnaire y travaillant notamment sur la « dette russe ». Ces irrégularités flagrantes n’ont pas empêché Abdelouahab Karamane de signer l’agrément de cette banque, avant d’être promu ministre chargé du Trésor et de la Réforme financière. Mais, plus criant encore, la gestion de « la dette russe » dont s’est spécialisée cette !
banque donne à elle seule la mesure de la gangrène qui frappe l’État algérien. C’est en 1992 que la Russie accepte que l’Algérie lui rembourse en nature sa dette militaire de 4 milliards de dollars. C’est alors que « deux puissantes mafias se mettent d’accord », l’une algérienne et l’autre russe, pour se partager ce butin. Ce dossier, traité au plus haut sommet de l’État, présente « des caractéristiques d’une mise à sac en règle du Trésor public algérien. [10] » Et lorsque, après 12 ans de « remboursements », M. Titerenko, ambassadeur de la Fédération de Russie à Alger, s’exprime devant la presse en juin 2004, le montant de la dette qu’il évoque est toujours de « 4 milliards dollars » et il peine à expliquer pourquoi des acteurs non « accrédités » par les mafias russe ou algérienne ne parviennent pas à participer à cette manne. Une autre affaire, impliquant la Banque commerciale et industrielle d’Algérie (BCIA) [11] cette fois, est tout aussi révélatrice du rôle mafieux dévolu à l’institution bancaire.

Prise en flagrant délit d’escroquerie aux dépens d’une succursale de la banque publique BEA pour un montant de quelque 45 millions d’euros (en une transaction), la BCIA serait passée au travers des mailles du filet et pu réitérer l’arnaque à l’infini si le scandale n’avait éclaté. Toutes les institutions contrôlées par la présidence (donc de Larbi Belkheir), Brigade économique et financière, IGF et Présidence, fondent alors sur elle pour la dissoudre en un temps record (un mois). Les bénéficiaires de l’escroquerie ont évidemment eu le temps de migrer avec leur butin vers l’Europe, tandis que les principaux actionnaires de la banque, « la famille Kherroubi » se seraient réfugiés en Espagne, à l’abri des poursuites. Dossier clos ! Les banques publiques sont si souvent victimes de leurs propres directions, pour des sommes faramineuses, que cela en devient la norme [12].

Un lampiste, à l’identité invérifiable, est parfois « arrêté », tandis que les principaux acteurs volent vers la France où leur parviendront les échos ténus de leur jugement par contumace, qui n’aura jamais de suite. La prévarication atteint un tel degré que tenter de la décrire revient à la sous-estimer [13]. La certitude de l’impunité et telle que les escrocs n’hésitent plus à puiser l’argent dans les caisses du Trésor, sans ménagement. Il suffit par exemple de solliciter un crédit et de ne pas le rembourser, charge ensuite aux gérants de la banque, aux ministres concernés, au président de la République, etc., de pourvoir à la clôture du dossier… « L’investisseur » change de quartier ou de succursale et recommence. Le taux de non-recouvrement des créances dépasse officiellement le taux effarant de 75 % [14] ! Mais, au-delà du gouffre que cela laisse dans les caisses publiques, la pratique n’est que le premier cran d’un enchaînement qui fait de l’activité économique le monopole de mafias « accréditées ». Témoin, cette récente offensive contre le secteur juteux de l’alimentaire : « Les 188 entreprises publiques économiques (EPE) qui activent dans l’agroalimentaire sont plus que jamais condamnées “à s’ouvrir à l’investissement privé”, soutiennent des sources autorisées [les privés]. Dans le cas contraire, elles “seront à coup certain éjectées du marché”. [15] » Pourquoi ? « Évoluant dans une branche où la concurrence loyale et déloyale bat son plein, il n’y a pas plusieurs choix de sortie de crise pour ces EPE, mis à part celui “de recourir aux capitaux privés”. » Voilà donc une des méthodes imparables qui créent les conditions propices à l’investissement étranger en Algérie : ruiner le Trésor public pour pouvoir imposer une « concurrence déloyale », puis ruiner les entreprises publiques pour les vouer à la privatisation au profit de joint-ventures réunissant « concurrent déloyaux », barons du régime et investisseurs étrangers « aimant » l’Algérie.

Ces entreprises grabataires redeviendront alors bénéficiaires, par le seul « miracle » de la privatisation, en deux temps trois mouvements [16]. Il existe une autre incidence de cette dynamique, plus sournoise : les journaux télévisés français, comme celui de David Pujadas [17], justifient ce pillage systématique par « le manque de compétence » en Algérie, contribuant ainsi par petites touches à dépeindre le peuple algérien sous des traits peu flatteurs d’incapables, justifiant a posteriori le sort peu enviable qui lui est réservé. Tels sont quelques-uns des ingrédients du « libéralisme » financier algérien. Mais il n’y a pas un secteur qui échappe à cette insatiable razzia. Razzia sur le foncier Selon un rapport du CNES, « l’on assiste depuis des décennies à une dilapidation effrénée des terres à haut potentiel économique, notamment dans les régions du Nord. [...] Les prix de cession du domaine public procèdent le plus souvent des mesures accommodantes et des transactions privées qui gardent un caractère confidentiel. » Principaux foyers de cette hémorragie, la Présidence et le ministère de l’Agriculture, ce dernier ayant joui en juillet 2000 d’un budget spécial de modernisation, appelé Plan national de développement agricole (PNDA), d’un demi-milliard d’euros annuellement. Selon Le Soir d’Algérie, cet argent n’a servi qu’« à enrichir une meute de rentiers », dont des proches du ministre de l’Agriculture Saïd Barkat. Car la principale activité à laquelle celui-ci se consacre consiste à « privatiser » les terres agricoles, pourtant inaliénables.

III- LES AMIS EMIRATIS DE BOUTEFLIKA

Dans l’algérois, les extorsions s’opèrent à grande échelle, parfois à coups de massacres de villages entiers. Personnage emblématique de cette frénésie, M. Melzi, directeur de SIH (Société d’investissement hôtelier), SSDVA et Club des Pins, trois sociétés immobilières dépendant de la présidence (donc de Larbi Belkheir). Le domaine Bouchaoui, ex-Borgeaud, est livré à une véritable « orgie » dilapidatrice… Djillali Mehri, propriétaire de Pepsi-Cola-Algérie, Abdelmalek Nourani (wali d’Alger), Brahim Hadjas, PDG Union Agro, filiale d’Union Bank, et combien d’autres hommes derrière lesquels œuvrent dans une sorte d’anonymat ostentatoire Larbi Belkheir et autres généraux, se disputant les ultimes lambeaux de terres agricoles du pays le long du littoral… [18] « Les investisseurs du Moyen-Orient et du Golfe s’intéressent de près au secteur du tourisme en Algérie. Plusieurs de leurs projets ont été retenus par la Société d’inve!
stissement hôtelier (SIH), une société par actions basée à Club des Pins et rattachée directement à la Présidence de la République. Pour les investissements lourds, “les hommes d’affaires étrangers peuvent directement négocier avec la SIH”, affirme M. Wardi, responsable [...] au ministère du Tourisme. Une démarche suivie par les investisseurs arabes, le ministère de tutelle étant tenu quasiment à l’écart. Pour preuve, alors que le ministère attend les conclusions de l’étude devant déterminer la nature de l’investissement approprié à la plage Les Dunes, les terres ont déjà été clôturées pour accueillir un gigantesque complexe de l’homme d’affaires libanais Mustapha Hariri, cousin du Premier ministre Rafik Hariri. [...] Pas loin des Dunes, à Sidi Fredj, le milliardaire émirati Cheikh Hammed prévoit de construire un hôtel cinq étoiles. [...] Un autre Émirati, avons-nous appris, ambitionne d’investir près du complexe de Zéralda. [...] Les Saoudiens ne sont pas en reste. Un important complexe touristique, avec centre commercial, est prévu dans la région de Boumerdès. [19] » Et pour s’approprier les terres, les prétendants ne font pas dans la dentelle : « Des haies de tôle et de parpaing ont délimité 20 hectares des EAC sur arrêté du wali d’Alger, Abdelmalek Nourani, signé le 19 octobre 2002. Des agents de la résidence Sahel veillent sur la surface reprise, désormais interdite à la production agricole. Melouk Rabah, agriculteur de père en fils, assiste impuissant au grignotage de 3 hectares sur les 12 que compte l’EAC n°59 dont il fait partie [...].

“Il y a deux mois, des agents de la sécurité à Club des Pins, en compagnie d’ouvriers chinois, et assistés par la gendarmerie, sont venus dresser une clôture”, témoigne-t-il. Les agriculteurs ignorent tout de l’instruction interministérielle et de l’investissement prévu. Ils ignorent tout de leur avenir, espérant un “retour à la raison” du wali d’Alger. 74 familles sont priées de plier bagage, après indemnisation. Les haies dressées sillonnent les EAC et courent le long de la RN11. L’EAC n°37 a été amputée des cinq sixièmes de sa superficie (5 ha sur 6). À terme, toutes les exploitations disparaîtront pour céder place à un projet d’investissement touristique, qualifié par l’État d’“utilité publique”. “Seuls les routes, écoles, hôpitaux, aéroports peuvent être d’utilité publique”, estime un expert. “On m’a pris la quasi-totalité des terres [...]”, affirme un vieil agriculteur. Mais ni le plan directeur d’aménagement et d’urbanisme, classant ces assiettes foncières en “zone non urbanisable”, ni la loi 87-19 [...] ne peuvent lui être d’un quelconque secours. Dans la cacophonie des textes, le wali délégué de Chéraga, M. Benmansour, a adressé, le 25 décembre 2002, un arrêté à toutes les autorités locales, notamment à la gendarmerie, afin “d’engager les actions nécessaires pour arrêter immédiatement les travaux et la remise en l’état initial des lieux”. En vain. M. Benmansour qualifie la clôture d’illégale”.

Après la vente des villas de Moretti à des particuliers, notamment à des dignitaires du régime, la reprise de Club des Pins par l’État et sa fermeture au public, voici le béton menaçant les 76 hectares qui ont pu jusque-là lui résister. [...] “Ils ont profité de notre crédulité. Le meilleur d’entre nous a un niveau primaire. On ne savait pas ce qu’on signait” » se lamente un agriculteur dépossédé de ses terres [20]. Ces affairistes du Golfe auraient été sollicités par Abdelaziz Bouteflika et Ali Benflis pour pallier « la frilosité des investisseurs occidentaux ». En effet, pour masquer la mainmise d’une ultra-minorité sur le pays, il importe de la diluer dans une présence étrangère. Les émirs du Golfe sont ainsi des candidats parfaits pour l’univers économique de Larbi Belkheir, parrain discret de ces transferts de propriété : moins regardants sur les principes, ils présentent des profils qui permettront, le moment venu, de leur reprendre d’une main ce qui leur a été cédé de l’autre. On pourrait pourtant considérer que tout investissement est bon à prendre. Mais ces « investissements » grèvent plus qu’ils ne soulagent les finances algériennes. Il en va ainsi de cet Émirati, ami d’Abdelaziz Bouteflika, Al-Shorafa, un escroc notoire [21], impliqué dans les plus grands scandales de ces dix dernières années. L’ambition qu’affichait sa société United Easter Group (UEG) était pourtant digne d’un plan Marshall : « Procéder à la construction d’une nouvelle aérogare à Alger et restructurer l’aéroport international, rénover les ports d’Alger et de Djendjen, construire des logements en coopération avec la CNEP, rénover le réseau de raccordement des eaux, améliorer la qualité de couverture en électricité, procéder à l’acheminement des produits dérivés du pétrole ».

Au final, ses relevés de compte montrent que « trois ans après l’ouverture de ses bureaux en Algérie, Al-Shorafa possédait moins de 100 dollars en banque. » Et lorsque les banques publiques refusent de lui accorder des prêts, « des ordres venus directement de la présidence [les] contraignent à débourser l’argent demandé », fonds qui « n’aident même pas au démarrage du plus simple projet ».

III- LA REPUBLIQUE DES PRETE-NOMS

Durant l’été 2003, la presse [22] publie des dossiers accablants de spoliations par les plus hautes sphères de l’État. Le ministère des Affaire étrangères a été dépouillé de son patrimoine foncier, Abdelaziz Bouteflika se taillant un part de lion avec, parmi « quatre villas, plusieurs appartements et des immeubles appartenant à la Présidence », la villa Ali-Chérif de 9000 m2, boulevard Mohamed Bouagara. Achetée en 1991 à 20 DA (soit 0,20 €) le m2, sa valeur est aujourd’hui estimée à 5 millions d’euros. Autres bénéficiaires de ce dépeçage méthodique, Ahmed Ouyahia (a acheté au dinar symbolique une villa cédée par l’ambassade de Yougoslavie), Ahmed Attaf (une villa près de l’ambassade des USA qui a coûté 5 milliards de centimes à l’État), Ahmed-Taleb Ibrahimi et nombre d’autres « personnalités », les cessions se faisant souvent « sur interventions personnelles de Larbi Belkheir, sur simple coup de téléphone, et Mohamed
Betchine. » Ces spoliations ont, comme chaque fois, une cascade d’incidences fâcheuses : en reprenant ces résidences des mains des missions diplomatiques étrangères, les ambassades d’Algérie dans les pays correspondants sont maintenant obligées de louer à prix d’or les locaux qu’elles occupaient jadis gracieusement. L’opposition assiste à cette razzia dans une quasi-indifférence. Ahmed Ouyahia, chef du RND, quant à lui « ne demande pas seulement la vente des terres, mais plus encore, il milite pour leur privatisation [23] »… Bouteflika le nomme derechef Premier ministre !

Razzia sur les ressources naturelles Sonatrach incarne la dernière présence algérienne dans le Sahara. Quelque contrôlée que soit cette société, son personnel algérien constitue un témoin gênant contre les spoliations à grande échelle qui s’y déroulent. Un témoin dont les dirigeants algériens n’ont eu de cesse de vouloir se débarrasser. En plaçant un malade en phase terminale de cancer comme PDG de Sonatrach, le ministre de l’Énergie et des mines Chakib Khelil garde la mainmise sur cette société, vouée selon lui à la privatisation, et préside à son démembrement. Tandis qu’il prépare les textes et travaille au corps l’APN pour faire adopter une loi sur les hydrocarbures, Nouredine Boukrouh, ministre de la Participation et de la coordination des réformes, assure la pédagogie du dossier : « Les Algériens, dit-il, interprètent mal la notion de privatisation et croient qu’elle est le contraire de la nationalisation. Il faut la démystifier et la désacraliser. Ce n’est qu’une modalité et non un idéal. Il faut également bannir les attitudes frileuses et éviter les prismes idéologiques. [...] La privatisation est la seule voie possible. L’État ne peut plus supporter les lourdes charges liées à l’assainissement des entreprises déficitaires [24] ».

Cette société qui doit dégager des bénéfices colossaux serait donc simplement… déficitaire. Mais, à y regarder de près, on constate que le « déficit » de Sonatrach est inscrit dans le cahier des charges de ses dirigeants, qui s’évertuent à la ruiner, au bénéfice de sociétés privées, telle Brown Root&Condor (BRC, filiale du groupe Haliburton, anciennement dirigé par Dick Cheyney), qui croule sous les contrats tous plus douteux les uns que les autres, après avoir « fait faillite à travers plusieurs pays. Elle s’est installée [...] avec la bénédiction de Chakib Khelil, qui lui a offert le premier contrat, avec une participation de Sonatrach à 50 %, pour financer un projet de construction de logements Cnep qui n’a pas jusqu’à aujourd’hui vu le jour. » Parmi les innombrables arnaques où la Sonatrach est chargée en bout de course de régler la facture, celle de « deux tourelles construites par l’entrepreneur Chabani, ami de Belkheir, en difficulté de paiement, [qui] a offert de les vendre. »Des opérateurs, telle la CAAR à 250 milliards de centimes, ont refusé le prix fixé par Chabani ; elles seront finalement acquises le double par Sonatrach, transaction opérée avec Chakib Khelil, dans l’illégalité la plus absolue. « Achetées en l’état à 420 000 DA le m2, elles nécessiteront 320 000 DA le m2 pour leur finition (contrat confié à BRC, évidemment), pour un coût total de 740 000 DA le m2, soit plus de dix fois le prix réel. [25] » « BRC a pu intervenir sur le projet d’Aïn-Oussera puis à construire, pour le ministère de la Défense, deux hôpitaux militaires à Oran et à Constantine, ainsi que deux ensembles sportifs et des logements. »

C’est aussi BRC qui réalise l’extension de la piste de l’aéroport de Tamanrasset pour permettre l’atterrissage de gros porteurs américains [26]. Spécialisée dans l’engineering, BRC est rapidement devenue en Algérie une société qui fait tout : pétrole, béton, transport aérien, services… Et si BRC peut saigner à ce point la Sonatrach, c’est qu’elle sait redistribuer ses prébendes : « BRC, c’ est une poule aux œufs d’or autour de laquelle tourne beaucoup de monde : les amis de Chakib Khelil, bien sûr, le clan du président [Bouteflika], évidemment, mais aussi une société aérienne privée [Aigle Azur], des dirigeants de l’UGTA, d’honorables responsables militaires, des pontes du FLN, le fils de Zerhouni, des ministres. [...] Moumène Ould-Kaddour [patron de BRC] mène une vie de Pacha, [...] et passe ses soirées et ses week-ends au Sheraton [...], en famille avec Chakib Khelil et Réda Hemche », directeur de la cellule sponsoring de Sonatrach et consultant à la BRC. Les factures du Sheraton seraient effrayantes, « mais c’est Sonatrach qui paye [27] ». Le budget sponsoring de Sonatrach est colossal. S’il sert pour l’essentiel à payer les factures laissées par les ministres dans les hôtels de luxe parisiens, à seconder le groupe Khalifa pour arroser les médias français et le monde du show-business dans le cadre de l’Année de l’Algérie en France, etc., les journaux algériens ne sont pas délaissés. !

Et lorsque Sonatrach y achète à répétition des doubles pages [28] , c’est pour vanter les mérites… de la loi sur les hydrocarbures ! Les arguments de Chakib Khelil sont entendus : « préserver l’intérêt de la nation [29] », jurera-t-il : « Le seul objectif sera de créer de la richesse pour la collectivité nationale dont l’État est l’émanation, et il n’est question ni de privatisation, ni de restructuration, ni de démembrement de Sonatrach dans la nouvelle loi des hydrocarbures. Non seulement les acquis des travailleurs seront maintenus, mais nous travaillons toujours à améliorer leurs conditions de travail et à créer de nouveaux postes de travail. Je demande à tous les travailleurs, chacun à son poste, de redoubler d’effort et de m’aider à atteindre cet objectif pour le bien-être de tous les citoyens de notre cher pays. »

En guise de bien-être, il y a, selon Inès Chahinez, celui de « Chakib Khelil et Réda Hemche par exemple, [occupés à] dilapider 10 milliards par mois en pots-de-vin politiques ; ou, plus grossier mais plus gracieux, comme Khalida Toumi qui distribue individuellement aux artistes des chèques de 500 000 dinars » pour en faire des VRP de Bouteflika. Les arguments faussement « nationalistes » de Chakib Khelil ne bernent personne, pas même Abdelmadjid Sidi-Saïd, le chef de l’UGTA, qui, devant l’énormité du sacrifice à bénir, se braque en déclarant que « la démarche entreprise par les autorités du pays, afin de confier la gestion du secteur des hydrocarbures aux multinationales étrangères, est dictée exclusivement de l’étranger ». Il décrit « la tentative de vendre les richesses pétrolières du pays comme un acte de haute trahison envers la nation » et affirme que « si nous sommes dans cette situation, c’est parce que nos gouvernants son vendu!
s [30] ». Démagogie ? Lors de son passage à Alger, fin 2002, le Secrétaire d’État américain au Commerce, Marc Bodman s’est autorisé de dire : « Il faut que cette loi [sur les hydrocarbures] soit adoptée ». Face à la fronde, Chakib Khelil fait mine de renoncer au projet, pour mieux revenir à la charge en septembre 2004, une fois Bouteflika réélu, et constater « qu’il n’est pas normal, du point de vue économique, de continuer d’obliger le groupe Sonatrach à s’occuper de projets qu’il estime non rentables comme le transport par canalisations. [31] » On voit mal ce qui, « du point de vue économique », peut pousser des investisseurs privés à reprendre à la Sonatrach ces projets « non rentables », sinon pour ôter aux Algériens tout moyen de contrôle sur les volumes « transportés ». Bref, que cela passe par la cannibalisation du marché de l’importation, par le pillage des banques, par l’accaparement de la rente pétrolière, par la spoliation des domaines publics, par la dilapidation des bie ns et des entreprises publiques ou par quelque activité lucrative que ce soit, seule la loi du milieu compte et les bénéficiaires se recensent parmi un noyau dur aux effectifs réduits : Larbi Belkheir, Toufik Mediene, Smaïn Lamari, disposant d’un vivier inépuisable de prête-noms, secondés par des hommes dénués de scrupules, qu’ils aient pour nom Bouteflika, Khelil, Benachenhou, Ouyahia, Barkat, Temmar, Zerhouni, Tounsi, ou autre, pour concrétiser sous couvert des institutions les pires prédations…

Tels sont les principaux « partenaires » algériens du « partenariat d’exception » que projette Jacques Chirac avec l’Algérie. Un partenariat avec la micro-colonie du Club des pins, un État malfaisant, qui livre son pays au dépeçage foncier, financier, social, économique, culturel… Car, les 30 millions d’Algériens ne sont évoqués dans les discussions bilatérales que pour trouver les moyens de les empêcher de grossir les rangs des « clandestins » en France, et pour ceux qui y sont déjà, de les renvoyer en Algérie sans créer de vagues. Pour ceux-là, le partenariat d’exception s’apparente à celui du racketteur avec des rackettés : ou ils se taisent et meurent en silence, ou ce sera encore pire pour eux [32], les recours auprès de qui ils peuvent se tourner étant eux-mêmes receleurs du racket, une bonne part de la manne détournée alimentant les alliés étrangers de ce dépeçage méthodique, des personnalités politiques, médiatiques, d!
iplomatiques, du monde financier, policier, d’institutions internationales, etc. Nous l’avons vu, si la caution judiciaire est souhaitable pour cette rapine, elle n’est pas une nécessité absolue : un simple barbelé et des gendarmes suffisent à tenir en respect les paysans spoliés sur le littoral algérois. Le Sahara présente quant à lui un double inconvénient. Le rapt des ressources naturelles exige un cadre législatif explicite et cette vaste étendue est difficile à contrôler. Le ministre des Finances Abdelatif Benachenhou et celui de l’Énergie et des mines Chakib Khelil s’emploient à faire adopter (au nom des Algériens) les lois qui font perdre aux Algériens la souveraineté sur le Sahara. Quant à la sécurisation de ce territoire, qui de mieux alors pour y veiller que le gendarme du monde par excellence : les États-Unis d’Amérique ?

P.S C’est un papier pompé du net . J’aurais bien voulu que le maximum de gens le lisent pour qu’ils connaisent la racaille qui nous gouvernent

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  1. Abrahs Says:

    Energie
    La grande grogne du ministère de l’énergie et des mines Par : Y.Mérabet
    Chakib Khalil nargue le nucléaire civil algérien « Vers 2020, l’Algérie aura sa première centrale nucléaire et nous aurons une centrale tous les cinq ans après», avait déclaré le ministre algérien de l’Energie et des Mines, à la radio algérienne, le 24 février dernier 2009. Le 14 juillet 2009 met fin au rêve algérien du nucléaire en déclarant « l’énergie nucléaire n’est plus une priorité pour l’Algérie. La création d’institut de l’engineering atomique à Ghardaïa, ne signifie pas pour autant que l’Algérie a décidé de se doter d’une centrale nucléaire ».
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    L’Algérie de tout le monde
    L’Algérie a besoin plus que jamais de diversifier ses sources d’énergie pour faire face à l’après-pétrole, l’énergie nucléaire est la seule source énergétique qui pourrait remplacer le pétrole et le gaz, sa matière première est abondante dans notre pays, il suffirait seulement de la valoriser. Depuis de longues années, l’Algérie a beaucoup investi dans le nucléaire. L’ambition des dirigeants algériens de l’époque était de doter le pays d’un parc de centrales électronucléaires nucléaires, remonte aux années 1970. Il était alors question de construire plusieurs centrales de 600 à 900 MW qui devaient assurer l’alimentation en énergie électrique et se substituer au gaz et au pétrole plus facilement exportables. Un effort considérable dans la formation du potentiel scientifique et technique a été déployé avec l’assistance de l’AIEA qui a financé, dans les années 1980, l’acquisition d’équipements et la formation de plusieurs centaines de chercheurs et techniciens dans ce domaine. Cette coopération s’est développée encore plus après la création en 1982 du Haut commissariat aux énergies nouvelles. Aujourd’hui, l’Algérie se voit sa filière nucléaire détruite et son parc ne compte seulement que deux réacteurs de recherche et d’application, lui servant de pièce de musée scientifique, l’un d’une capacité insignifiante exposé à Draria pour les étudiants, l’autre d’une ancienne technologie péri dans les sables d’Ain-Oussera en attendant le retour des enfants prodigues du pays. Ces réacteurs furent programmés et construits sous le régime nationaliste fort, de l’avant dernière décennie, d’autres gens se sont emparé du pouvoir et détruisirent tout ce que les autres ont fait de bien en l’occurrence le secteur de l’industrie, de l’agriculture et de l’énergie. Quelques élites nationales rescapées de la répression dirigée l’équipe Chakib Khalil réussirent à convaincre le gouvernement algérien pour reprendre le dossier du nucléaire algérien, qui fut confié malheureusement là ou il ne fallait pas et là ou les secrets d’Etat se vendent (Le quotidien d’Oran Du 12/10/2005 « Notre énergie au futur » par Y.Mérabet de la AARI). On lisant les déclarations de nos responsables, on a le pressentiment que ces gens là n’ont rien à voir avec l’Algérie et qui ne sont pas concernés par son futur, écoutons ces phrases « La création d’institut à Ghardaïa, ne signifie pas pour autant que l’Algérie a décidé de se doter d’une centrale nucléaire », « La création d’une centrale nucléaire exige une analyse profonde avant la prise de décision politique, qui tient compte de ses avantages mais également de ses inconvénients tant sur le plan financier qu’environnemental » Quel est votre jugement ? Eh bien ! L’acquisition de moyens de dissuasion pour protéger notre souveraineté nationale valent plus que sa peur, car c’est une continuité de la révolution algérienne que nous devons tous assumer, c’est le rêve de tout algérien de voir son pays puissant. L’Algérie est signataire du traité de non prolifération (TNP) le 30 mars 1996. En décembre de la même année, a été créé le Commissariat pour l’énergie atomique (Comena), principal instrument de la stratégie algérienne dans le domaine de l’énergie nucléaire. Une de ses missions est de promouvoir l’utilisation de cette énergie dans les secteurs de l’agriculture, l’hydraulique, l’industrie, la santé, l’aménagement du territoire ou les travaux publics. Le Comena a également pour mission d’assurer les conditions de stockage des déchets radioactifs et de veiller à leur gestion et contrôle. Deux accords de garantie ont été signés avec l’AIEA pour ces réacteurs, deux conventions sur la notification d’accident et sur l’assistance technique en cas d’accident et une convention sur la sûreté nucléaire. Depuis 2005, un décret fixe le cadre réglementaire de la gestion de ces déchets. Le Comena envisageait l’emploi de l’énergie nucléaire pour la production d’électricité et ses responsables souhaitent utiliser l’énergie nucléaire dans le vaste programme de production d’eau dessalée lancée par Algerian Energy Company (AEC) sur le littoral algérien, tout cela s’est traduit par de cuisants échecs que nous fait subir ce ministre. Le développement du nucléaire en Algérie devrait faire partie d’un vaste programme mondial de reconversion de la source fossile en source fissile en grande partie, mais aussi pour l’industrie militaire et civil. Mais les autorités algériennes n’arrivent pas à franchir les barrières imposées par l’AIEA et les pays européens pour priver l’Algérie de l’acquisition de cette industrie très lucrative. Même si l’Algérie arrivera à construire ses propres centrales, elle ne pourra pas produire de l’électricité librement, car elle se heurtera à la monopolisation de la production et la commercialisation du combustible par les trois principale puissance nucléaire à savoir la France, les Etats-Unis et la Russie, mais cela ne devrait pas nous décourager, l’exemple de l’IRAN devant nos yeux. De fortes pressions jusqu’à la menace d’intervention militaire ont été exercés sur la république islamique d’Iran par les Etats-Unis, leurs alliées européens, les monarchies arabes, Israël et même la Russie pour le priver de fabriquer son propre combustible. L’Algérie, à la tète d’un Chakib Khalil, n’arrivera jamais là ou les iraniens sont arrivés, c’est une question d’identitaire, de patriotisme et enfin d’hommes. Au manquement de tout ça, la question du nucléaire algérien doit se traiter dans le plus grand secret d’Etat, et non dans un Souk semblable à l’Immeuble Ahmed Gharmoul, lieu de la haute corruption ou tout se vend sur nos tètes. Mon pays est déshabillé, il est nu.
    L’avancée du Maroc et de la Tunisie dans le nucléaire civil
    Plus discrètement, nos frères marocains avancent aussi à pas mesurés sur la voie du nucléaire. Avec une particularité de nature à intéresser les responsables tunisiens : le Maroc compte sur leurs ses gisements de phosphate et celui du Sahara Occidental. En 2007, lors du voyage de Nicolas Sarkozy au Maroc, la présidente du Directoire d’Areva a signé avec le directeur général de l’Office chérifien des phosphates (OCP) une déclaration d’intention qui porte sur l’extraction de l’uranium de l’acide phosphatique marocain, signé lundi 22 octobre, prévoit notamment de « lancer en commun une étude de faisabilité pour un site industriel de production d’uranium » à partir des phosphates. Selon l’AIEA, la quantité d’uranium que l’on pourrait extraire l’extraction de l’uranium contenu dans l’acide phosphorique, fabriqué à partir des minerais de phosphates marocains des gisements de phosphates du Maroc avoisineraient les 6 millions de tonnes. Areva et l’OCP prévoient notamment de lancer en commun une étude de faisabilité pour un site industriel de production d’uranium à partir d’acide phosphorique. RIA Novosti. La Russie à son tour s’intéresse au nucléaire marocain, elle compte construire une centrale nucléaire fonctionnant au phosphate par la société russe Atomstroyexport, selon les officielles marocains. Les experts et dirigeants de la compagnie russe ont choisi le site de Sidi Boulbra, où pourrait être construite la première centrale nucléaire marocaine qui produira 1200 MW. Les russes envisagent de construire un institut d’engineering atomique sur le site même. Des négociations sont notamment menées avec la Turquie, au niveau intergouvernemental et entre compagnies industrielles, pour la réalisation d’autres centrales. Atomstroyexport est la plus grande compagnie russe mettant en œuvre des accords intergouvernementaux sur la construction de sites nucléaires à l’étranger. A l’heure actuelle, elle est la seule à construire parallèlement sept réacteurs en Chine, en Inde, en Iran et en Bulgarie. Soit «deux fois plus que les ressources mondiales connues des gisements d’uranium». Mêmes soucis du côté de la Jordanie. Le Royaume Hachémite importe actuellement à hauteur de 96% pour faire face à ses besoins en énergie Près de 20% de son PIB est ainsi dépensé en énergie. Or voici qu’aux dernières nouvelles, les quelques 1,2 milliard de tonnes de phosphate qu’il a en réserve pourraient receler 130.000 tonnes d’uranium. Le géant minier anglo-australien Rio Tinto a été chargé de son extraction. Un contrat a été signé en ce sens, le 23 février. Soit quelques mois à peine après la signature d’un protocole d’accord entre la Commission jordanienne de l’énergie atomique (JAEC), l’Atomic Energy of Canada Limited (AECL) et la SNC-Lavalin International, l’un des tout premiers spécialistes du nucléaire mondial et qui… maîtrise (réellement) l’extraction de l’uranium à partir du phosphate. La SNC-Lavalin était d’ailleurs bien présente dans notre pays en février dernier pour faire la promotion de sa solution. Faut-il rappeler encore une fois que la Tunisie produit 8 millions de tonnes de phosphate marchand, ce qui la place au 5ème rang mondial des pays producteurs. La Tunisie est en deuxième position parmi les Etats qui valorisent le plus ce précieux minerai. 85% de sa production sont ainsi valorisés. Rien qu’à l’usine de la Skhira, on produit ainsi plus de 375.000 tonnes d’acide phosphorique par an. Tout dernièrement, le Groupe chimique tunisien (GCT) de Gabès a annoncé la mise en chantier de plusieurs projets d’ici 2011. Dont un projet d’unité de production d’acide phosphorique d’une capacité de 400 tonnes par jour. Or l’uranium peut aussi être récupéré à partir de l’acide phosphorique. Les phosphates tunisiens et marocains marquent le pas. (le Quotidien d’Oran du 21/04/2009 «phosphates pour le Maroc et uranium pour la France » par Y.Mérabet et du FINANCIER du 23/04/2009 « Les phosphates au Maghreb: enjeu politique, enjeu d’avenir » par Y.Mérabet).
    L’Algérie opte pour le projet ‘Desertec’, un projet énigmatique
    Produire de l’électricité à partir du soleil est un rêve d’enfant que les européens veulent réaliser à l’échelle planétaire. Le projet Desertec est née de l’idée qu’une pénurie d’énergie fossile et fissile se dessine à l’horizon proche, la baisse et la hausse des prix du pétrole sont devenus propriété des charlatans, la facteur énergétique de certains pays européens devient impayés, les guerres du pétrole s’annoncent un peu partout etc. L’idée de reprendre ce rêve d’enfant a prit naissance chez un groupe de responsables et d’entreprises allemandes qui pensent que le soleil appartient à toute l’humanité et chaque personne doit bénéficier gratuitement de cette énergie, sans payer un sous. Le Centre allemand de recherche aérospatiale (DLR) a mené de menus études techniques, financées par le Ministère allemand fédéral de l’Environnement. L’étude a permis de conclure qu’en moins de 6 heures, les zones désertiques du globe reçoivent du soleil la quantité d’énergie que l’humanité consomme en une année. La fondation Désertec s’est ainsi lancé le défi d’exploiter cette énergie inépuisable à un coût raisonnable et prendre en charge ce vaste projet par des fonds récoltés chez les plus riches de la planète. Le projet prévoit la construction de vastes centrales solaires thermiques à concentration (CSP, en divers points d’Afrique du Nord et du monde arabe). Les études ont montré qu’il suffirait d’installer des champs de collecteurs solaires sur environ 0,3% des surfaces désertiques du globe pour couvrir l’ensemble des besoins mondiaux en énergie. En complément, il est prévu d’exploiter l’énergie éolienne le long de la côte marocaine et en Mer Rouge, et d’utiliser d’autres techniques solaires telles que le photovoltaïque concentré. Douze grandes entreprises européennes, en majorité allemandes, ont crée un consortorium de bureau d’études. Un bureau doté d’un budget de 1,8 million d’euros pour élaborer des plans d’investissement réalisables au cours des trois prochaines années sur l’énergie solaire en provenance du monde arabe et probablement d’Afrique (pour le moment les pays d’Afrique noire n’y figurent pas dans le programme ‘Desertec). Le consortium fondé est mené par le réassureur Munich Re et la fondation Desertec. Il rassemble les géants allemands de l’énergie E.ON et RWE, la Deutsche Bank, le conglomérat Siemens, des fabricants de solaire comme l’espagnol Abengoa Solar, et enfin le groupe agro alimentaire algérien Cevital. Le projet, devisé à 400 milliards d’euros (environ 600 milliards de francs), doit permettre à l’Europe d’obtenir une importante source d’énergie non polluante et lui permettre donc de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre et aussi sa facture. Reste que ce projet porteur d’avenir pose encore de nombreuses questions, comme les lieux d’implantation de ces installations, le coût du courant produit, le bénéfice qu’en tireront les pays arabes, le manque de stabilité politique dans presque toutes les régions productrices et, même, le financement de ce projet. Reste aussi à connaître l’implication des Etats et ce même si la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont chaudement salué l’initiative. Car Angela Merkel a aussi exprimé ses doutes quant à la participation d’autres pays européens que l’Allemagne, car à présent les opinions des 27 divergent sur l’adoption d’une politique énergétique globale de l’union. A savoir que le projet «Desertec», d’un coût global de 400 milliards d’euros, vise à fournir, d’une manière durable aux pays de ‘zone d’ombre’ de l’énergie solaire gratuitement à partir d’un monde plus ensoleillé, mais mal éclairé. Le procédé industriel de ce moyen de se procurer de l’énergie ‘facile’ porte sur la production d’énergie électrique par des centrales thermiques solaires. Soustraire massivement de l’énergie à la nature sans penser aux conséquences écologiques qui peuvent être dramatiques pour les pays qui habiteront ces champs de verre. Le projet Desertec prévoit aussi des parcs éoliens au large de cette région d’Afrique et du nord, notamment sur les cotes pour diminuer de peu la vitesse du vent. alors que l’énergie soustraite à la nature devrait être transportée aux centres de recharges européens par des lignes de transport de travées de haute tension et de courant direct (HVDC).Le projet prévoit aussi la construction de plusieurs centrales solaires de taille moyenne entre 50 et 200 MW sur une vingtaine de sites s’étendant du royaume du Maroc au royaume d’l’Arabie saoudite, les européens veulent diversifier leurs points d’approvisionnement dans des lieux amis. Le coût de cet investissement a été estimé à 400 milliards d’euros jusqu’en 2050, dont 350 milliards d’euros pour la construction des centrales et 50 milliards pour les lignes de transmission nécessaires, selon Siemens. Mais cela mettra des années pour convertir totalement leur mode énergétique, passer du fossile au solaire ce n’est pas tache facile, alors que la pénurie de l’énergie conventionnel s’annonce pour demain. Cela risque que ce chantier-fiction de reconversion des énergies risque de ne pas être achevé à temps. Alors à cet effet, nous interpellant les responsables de tenir bon aux tentatives européennes qui cherchent à détruire notre développement certaine par l’énergie conventionnelle (fossiles et fissile) que nous possédons en abondance. Développé pour la première fois dans les années 1970, le concept «Desertec » a été relancé à partir de 2000 et fait actuellement l’objet «d’intenses débats», au niveau européen. Les premiers essais complets du projet Desertec, ça se passe ici chez nous en Algérie à la centrale hybride de Hassi-R’mel, alors nous devions être les premiers à bénéficier de la plus grande cote part du projet Desertec. Le Maroc enfant gâté de l’union européenne vient de bénéficier trois (3) fois plus de centrales de concentration que l’Algérie qui possède une surface fortement ensoleillée six (6) fois plus grande que celle du Maroc. C’est une manière de l’impérialisme européen d’investir dans les conflits entre pays frères ? Dans le même sens que le premier, une nouvelle initiative de complémentarité «Desertec II», qui comprendra un nombre d’entreprises de renom, a été mise en place avec pour objectif de développer, à moyen terme, «un concept technique et économique pour l’énergie solaire de l’Afrique», a-t-on expliqué. D’après des données contenues dans l’étude, la production mondiale d’électricité devrait passer de 21.000 Térawatt/heure (TWH) en 2008 à 37.000 TWH en 2030. Le transport de l’électricité jusqu’à l’Europe en serait notamment la raison, compte tenu qu’acheminer 1 GW coûte environ 250 millions d’euros sur 1000 km. Pour l’instant, le projet ne serait donc pas rentable, mais les experts misent sur la raréfaction annoncée des énergies fossiles ou le prix du baril de pétrole dépassera les de 400 dollars, le baril pour s’assurer que ‘Desertec’ sera rentabilité. Dans pas moins de 20 ans, peut être l’idée se murira et l’électricité solaire pourrait ainsi être l’une des plus intéressantes pour l’occident industrialisé. Quant à la technologie utilisée, il s’agirait de l’énergie solaire thermique : des miroirs paraboliques produisent de la vapeur d’eau à très haute température et sous forte pression, ce qui va actionner une turbine à vapeur attelée à un générateur pour produire de l’électricité. Le projet Désertec, ne pourrait être réalisé avant la mise en marche de l’Union pour la Méditerranée et l’effacement de tous les litiges politiques qui oppose les européens au reste du monde ensoleillé ; le Sahara occidental, la reconnaissance d’Israël par l’entité arabe, la reconnaissance de la souveraineté des pays africains etc. En effet dans ce projet, les contraintes ne sont pas seulement techniques, elles le sont aussi politiques: l’Europe devrait prendre une position claire envers le monde arabe et africain et traiter les problèmes communs avec équité, s’abstenir de soutenir les agressions israéliennes contre l’Etat Palestinien, l’Iran, la Syrie et le Liban. Du point technique des entraves suivantes devront être levées ; d’une part, les centrales doivent être installées dans des pays stables politiquement pour garantir la sécurité de l’approvisionnement européen en électricité; d’autre part, il faut trouver les moyens de financer des investissements colossaux, d’autant que le projet est supposé pouvoir s’autofinancer à long terme. Au départ, il aura bien entendu besoin d’une sécurité d’investissements, par exemple une garantie d’achat à un prix fixé, sachant que l’électricité ne doit pas être subventionnée pendant toute la durée. Desertec doit remplacer l’utilisation de l’énergie fossile et fissile évaluée à environ 18 000 TWh/an) par le solaire en si peu de temps? Mais Desertec ne se limitera pas à la production d’énergie : il participera aussi au développement des pays d’accueil grâce à la création de milliers d’emplois grâce à la construction d’usines de dessalement d’eau de mer pour les populations. En complément, il est prévu d’exploiter l’énergie éolienne le long de la côte marocaine et en Mer Rouge, et d’utiliser d’autres techniques solaires telles que le photovoltaïque concentré.
    Conclusion Les gisements d’énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) et fissiles (uranium), même les plus extrêmes, ne représentent quant à eux que quelques dizaines d’années au rythme de leur consommation actuelle, et comme cette consommation ne cesse d’augmenter avec notamment la soif des « économies émergentes » des pays les plus peuplés de la planète (Chine, Inde, Brésil) à imiter nos propres comportements, l’échéance de leur épuisement ne cesse de se rapprocher. L’énigmatique projet ‘Désertec’ sur lequel l’Algérie pense bâtir son futur énergétique est à écarter pour le moment, l’énergie nucléaire reste la seule solution durable pour la continuité de notre développement de l’après-pétrole.
    Expert en énergie

    Algerian Society For International Relations
    En instance de publication

  2. Abramhs Says:

    Soixante ans de dissuasion nucléaire controversés Par : Y.Mérabet
    La dissuasion nucléaire, dans les relations internationales, terme qui désigne une stratégie visant à décourager toute possibilité d’action hostile de la part d’une puissance ennemie. Une stratégie de dissuasion réussie implique qu’on puisse mettre l’agresseur potentiel dans un certain état d’esprit.

    La fin de la dissuasion nucléaire
    Avec elle, l’arme thermonucléaire nucléaire qui connaît un saut qualitatif, la fusion nucléaire permet d’atteindre des niveaux d’énergie sans commune mesure avec les intenses bombardements de la Seconde Guerre mondiale, y compris ceux d’Hiroshima et de Nagasaki. L’arme nucléaire la plus puissante jamais réalisée, la « Tsar Bomba » testée par les Soviétiques le 30 octobre 1961, dégage une énergie approchant l’équivalent de 60 mégatonnes de TNT. Avec de telles armes, il devient techniquement possible, pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, de rayer de la carte un pays entier tel qu’Israël, la Belgique, le Danemark ou de moins importance Israël, seulement avec une seule bombe. La Russie pourrait fabriquer à nos jour la bombe ‘H’, une arme nucléaire de plus de 100 mégatonnes de TNT pouvant rayer pour l’éternité l’Allemagne, la France et l’Angleterre à la fois, une dissuasion qui a fait frémir l’humanité pendant plus de soixante années. On le sait maintenant avec l’ouverture des archives soviétiques, le monde est passé tout près de la catastrophe nucléaire. C’est le moment de la prise de conscience des dangers de la guerre nucléaire, de l’inévitabilité de la détente voire de la coexistence pacifique, et de la nécessité de la maîtrise des armements. C’est également à la même époque que le statut de l’arme nucléaire comme instrument de dissuasion commence à être conforté avec la doctrine de riposte graduée. Alors les Etats-Unis doivent mesurer les conséquences d’une attaque suicidaire israélite sur le ‘bourbier nucléaire iranien’, l’Iran maitrise et manipule le nucléaire depuis 59 ans, bien avant les français et les russes, alors les américains et les juifs savent à qui ils ont à faire. Avant la date du soit disant le désarmement nucléaire en 1987, on était dans une logique de simple maîtrise des armements. Aujourd’hui, à l’exception notable de la Chine, toutes les puissances nucléaires officielles sont dans une phase de contraction ou de stabilisation de leurs armements nucléaires, mais nulle personne ne sait ce qui se passe en douce. La rupture de l’émergence d’une vision nouvelle de l’arme nucléaire dans les années 1995-1996, qui a consacré l’idée de ce que l’on pourrait appeler une « exception nucléaire ». C’est l’époque de l’accession de l’ensemble des membres non nucléaires de l’ONU au TNP, de la prorogation du Traité pour une durée indéterminée, de la conclusion du TICE, et enfin de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice sur la licité de l’emploi de l’arme nucléaire (qui a eu un impact politique non négligeable). C’est à partir de cette date que les signataires du TNP se sont scindés en deux groupes; en EDAN et en ENDAN, ces derniers n’auront pas droit à la dissuasion nucléaire pour se protéger, ni même à l’accès de la technologie du nucléaire, ils doivent rentre compte aux premiers par le biais de l’AIEA. D’autres Etats comme Israël, le Pakistan et l’Inde non signataires du traité de non prolifération nucléaire ont créé un groupe rebelle violant la réglementation internationale. Le TNP a été signé par tous les États du monde sauf par l’Inde, le Pakistan et Israël qui, entre-temps se sont dotés d’un arsenal nucléaire sans réaction significative des puissances nucléaires reconnues et des instances onusiennes. Il apparait injuste de menacer l’Iran de sanctions plutôt que d’essayer de l’intégrer dans le concert des États œuvrant pour une plus grande stabilité dans cette région, qui a grand besoin. Au moment où de nouvelles sanctions contre l’Iran sont envisagées par le Conseil de Sécurité, les événements de ces dernières années sous le règne de Bush et de Sharon illustrent bien les paradoxes de cette lutte contre la prolifération nucléaire. Une attitude paradoxale des pays de l’EDAN qui laisse à désirer, Sarkozy le premier opposant du programme nucléaire iranien adopte l’arsenal nucléaire français aux nouveaux missiles, laboratoires d’essais de nouvelles armes, modernisation des sous-marins lance-engins etc. La Russie qui n’a pas de position claire envers le nucléaire iranien pour des raisons économiques, vient d’annoncer non seulement un effort de 145 milliards d’euros dans le domaine de la défense, mais aussi la construction de 50 nouveaux missiles intercontinentaux. Le Royaume-Uni estime aujourd’hui indispensable l’amélioration de sa force nucléaire. La Chine fait un effort considérable dans le domaine de la maîtrise de l’espace. Quant aux Etats-Unis, les leaderships de la compagne anti-iranienne et anti-musulmane n’abandonnent pas le projet de faire de leur pays un « sanctuaire » et la pierre angulaire du néo-colonialisme, ce qui est un facteur déstabilisateur de la dissuasion. Aujourd’hui ce qu’il est convenu d’appeler le « tabou nucléaire » se renforce de plus en plus. Soixante ans sans emploi de l’arme nucléaire, est un record, cela mérite d’être souligné et de s’assurer d’une ‘paix nucléaire’ même si chaque Etat de la planète est doté de sa propre bombe nucléaire, l’évènement des 60 années mérite d’être fêté. Pour rappel la tragédie d’Hiroshima ait eu pour effet de nous immuniser contre la ‘phobie du nucléaire’ pendant 60 ans, mais si les menaces d’Israël persistent alors là le contrat d’assurance sera résilié et notre monde disparaitra, y compris les Etats-Unis et Israël. Il est temps que ces derniers prennent conscience d’une éventuelle catastrophe nucléaire et de mesurer l’intensité et le potentiel de riposte Iranien, une attaque suicidaire d’Israël sur l’Iran telle quelle est conçue par le Pentagone est à écarter définitivement, il se pourrait que les Etats-Unis soient pulvérisés bien avant qu’Israël lâchera sa première bombe sur l’Iran, ces deux pays se sont fait trop d’ennemis. Sans doute aussi avons-nous eu de la chance, notamment en 1962. A moins qu’il ne faille y voir dans l’absence de conflit Est-Ouest l’intervention de la « Divine Providence » que Jean-Paul II mentionnait dans son testament. (L’Encyclique « Pacem in Terris » avait d’ailleurs été suscitée par la crise de Cuba.) Mais les faits sont là. L’arme nucléaire n’a pas été employée alors que les tentations n’ont pas manqué. Or plus, le temps passe, plus le tabou nucléaire se renforce. C’est une bonne nouvelle: contrairement à ce que l’on pouvait penser, les nouveaux détenteurs de l’arme nucléaire ont adopté une logique de dissuasion. L’évolution des rapports indo-pakistanais depuis la fin des années 1980 est d’ailleurs parfaitement conforme à la théorie de la dissuasion! C’est l’une des raisons pour lesquelles, la dissuasion nucléaire a été toujours plus efficace que la bombe atomique elle-même, il y ait aujourd’hui un « affaiblissement du seuil nucléaire ». Contrairement à ce qui est régulièrement colporté, il n’y a pas d’évolution de la doctrine nucléaire juive vers une « doctrine d’emploi de l’arme nucléaire» contre le monde musulman, sans exclure l’Egypte et l’Arabie Saoudite les deux principaux alliés de la cause israélite. Aucune déclaration, aucun texte officiel ne permet de dire que la doctrine américano-israélite a évolué dans ses fondements. En particulier, l’idée selon laquelle les États-Unis auraient désormais adopté une logique de « frappe préventive nucléaire » ne repose sur aucun fondement. (En revanche, la préemption a toujours fait partie des options américaines.) Quant aux soient-disant nouvelles armes nucléaires américaines, qui n’existent aujourd’hui qu’à l’état de projet, elles ne seront pas nécessairement de faible puissance, contrairement à ce que l’on a pu lire ici ou là, et surtout, elles sont destinées à une logique de dissuasion sans aucune efficacité. Mais c’est une forme de paradoxe : aux Etats-Unis, la peur du nucléaire reste intacte même si elle ne se présente pas de la même manière qu’au temps de la guerre froide, la population américaine sous tension du 11 septembre vivent dans une appréhension continuelle et comme sous la menace d’un épouvantable ouragan, capable de se déchaîner à tout instant par une attaque nucléaire sur leur sol ou une attaque spectaculaire et conventionnelle, il sont devenus vulnérables, leur dissuasion de puissance n’a pas réussi. Et non sans raison, puisque l’armement est toujours prêt.
    Quand la dissuasion nucléaire perd son efficacité Qu’il y ait des hommes au monde pour prendre la responsabilité des massacres et des ruines sans nombre d’une guerre, cela peut paraître incroyable ; pourtant, on est contraint de l’avouer, une surprise, un accident suffiraient à provoquer la conflagration. » Encyclique Pacem in Terris, 11 avril 1963. En effet, la plus puissante bombe conventionnelle jamais testée, la fameuse Massive Ordnance Air Blast américaine (« Mother of All Bombs »), est d’une énergie équivalente à la plus petite arme nucléaire jamais réalisée, c’était dans les années 1960, c’est-à-dire une énergie équivalente à 10-15 tonnes de TNT. Mais cette arme miniature (qui équipait notamment le mortier Davy Crockett, ainsi que les Special Atomic Demolition Munitions, « le nucléaire dans un sac à dos » n’est plus en service depuis longtemps, et les armes nucléaires les plus petites en service aujourd’hui ont une énergie bien supérieure. Tout cet arsenal nucléaire a était testé sur les humains, aux Balkans, à Gaza sur des bébés arabes, en Afghanistan, en Irak au Liban, en Afrique noire et partout là ou il y’a une revendication populaire. Cet armement est bel et bien entre les mains de groupes de résistance arabe (l’AIEA doute beaucoup sur ça). Le retour à la dissuasion par l’arme conventionnelle, la Russie vient de tester la plus puissante bombe conventionnelle de son arsenal, et prétendument du monde. Ce qui n’a pas laissé les Américains sans voix. Côté russe, on affirme que cette bombe thermobarique, ou à effet de souffle, est comparable à une bombe nucléaire et, surtout, serait quatre fois plus puissante que celle dont disposent les Etats-Unis. Signe de cette performance, la super-bombe russe a été surnommée « Père de toutes les bombes », en référence à son homologue américaine, connue sous le sigle GBU-43/B MOAB, abréviation de Massive Ordnance Air Blast Bomb (MOAB), mais que l’on assimile aussi à « Mère de toutes les bombes » [Mother Of All Bombs] qui fut testée pour la première fois en mars 2003. En réponse à l’essai de la bombe russe, les Etats-Unis ont déclaré qu’ils en possèdent une pire, note la Komsomolskaïa Pravda. Le tabloïd rapporte les propos du général américain Thomas McInerney, ancien chef d’état-major en second de l’armée de l’air des Etats-Unis, tenus sur la chaîne Fox : « Nous avons une bombe de 14 tonnes plus destructrice que la bombe russe et capable de frapper n’importe quel bunker souterrain. », D’après le Moskovski Komsomolets, il s’agirait de la GBU-43 MOP (Massive Ordnance Penetrator), une version modifiée de la MOAB et dont deux essais ont été réalisés en 2004. Outre le fait d’être guidée par satellite, comme la MOAB, cette dernière bombe a une capacité de pénétration jusqu’à 30 mètres sous le niveau du sol, la même que celle utilisée par l’armée américain pendant la guerre d’Irak détruire des bunkers abritant des petits écoliers. Le général Thomas McInerney, qui dirige l’Iran Policy Comittee (Comité d’experts sur la politique à l’égard de l’Iran), s’exprimait sur les scénarios de frappes aériennes contre la république islamique, sans évaluer le risque en cas ou il pourrait bombarder plus d’une centaine de site abritant de grandes quantités d’uranium enrichi. Ceci, laisse à penser que l’on va combattre les armes nucléaires par des armes conventionnelles, pour déclencher une catastrophe. Alors si même le cycle du nucléaire militaire n’est pas complet, c’est ce bombardement qui va le compléter pour déclencher le ‘bourbier nucléaire iranien’ engendrant la plus grande catastrophe nucléaire de tous les temps. La dissuasion nucléaire rendue in crédible et sans efficacité depuis après la guerre froide, l’attaque israélite sur l’Iran créera la confusion dans plus dans un monde nucléarisé qui veut en finir avec les Etats-Unis et Israël. Avant même qu’Israël attaquera l’Iran, c’est des dizaines de bombes atomiques qui se déverseront sur Israël, l’Occident et les Etats-Unis, ça se sera une guerre sans revendication ou règnera la panique et la confusion. De toute façon, tout le monde profiterai de la confusion pour régler leurs propres comptes, y les résistants arabes. Bref ! la dissuasion nucléaire vient de perdre sa crédibilité auprès des pays visés par les Etats-Unis et l’Occident, il est devenu obsolète et d’aucune efficacité et c’est le conventionnel qui prendra le dessus. C’est le conventionnel qui a rattrapé par le haut le nucléaire, le spectre d’une attaque suicidaire israélite sur l’Iran s’éloigne, on se demande toujours pourquoi les Etats-Unis ne tolèrent pas leur ‘bébé Israël’ de bombarder la Corée du Nord, le Pakistan ou l’Inde? Grace à Dieu, le conventionnel reprend le dessus sur le nucléaire, c’est aussi une bonne nouvelle ravissante. Car dès lors que l’on est dans une logique d’emploi, à effets équivalent, tout chef d’État préférera toujours le conventionnel au nucléaire. Alors pourquoi les Occidentaux continuent à faire du nucléaire iranien un sujet tabou, alors qu’il y a d’autres moyens de riposte beaucoup plus efficace et plus décisive qu’une bombe atomique, si ce n’est pas Israël qui prolonge le sursis de la dissuasion nucléaire pour sa survie au milieu des arabes s’auto-régulariser à l’échelle planétaire, le sujet iranien est autre que le nucléaire. La stratégie nucléaire est une « langue morte ». En matière de dissuasion nucléaire, tous les concepts ont été formulés avant 1975. Avant même Hiroshima l’essentiel était dit. Les physiciens américains – au premier rang desquels Joseph Rotblat, qui fut le seul à quitter le projet Manhattan – avaient déjà conceptualisé l’idée de la dissuasion nucléaire dès le début de la Seconde Guerre mondiale. Et les débats de 1944-1945 sur l’emploi de l’arme future avaient déjà fait apparaître les principaux éléments (dissuasion, démonstration, coercition…) et les principaux débats (faut-il délibérément cibler les populations civiles ?). Rien de nouveau n’est apparu après le milieu des années 1970. En outre, hormis le cas extrême d’un affrontement militaire total entre deux puissances nucléaires majeures, les crises de demain ne se prêteront guère à la mise en œuvre des grilles conceptuelles développées au cours de la Guerre froide. Ainsi peut-on dire que si l’arme nucléaire est moderne, parce qu’elle continue à empêcher la guerre entre deux de ses détenteurs, la stratégie nucléaire, en revanche, est une « langue morte », alors que la fin du conflit Est-Ouest a permis la redécouverte des guerres de manœuvre et de bouclier nucléaire, la stratégie conventionnelle est aujourd’hui redevenue une « langue vivante ». Nous voyons les crises iraniennes et nord-coréennes comme l’avant-garde d’une nouvelle vague de prolifération nucléaire, qui cherchent à affirmer leur identité nationale mais aussi à se prémunir contre la supériorité militaire occidentale et de ses agressions. Le nucléaire rend les nations libres, pour le meilleur et le pire. Mais l’ordre international est contesté par l’arme nucléaire. Cela a été le cas dès les origines. L’ONU est une organisation pré nucléaire, la Charte de l’ONU est un document pré nucléaire. C’est en petite une coïncidence si les cinq membres permanents du Conseil de sécurité sont aussi les cinq puissances nucléaires au sens du TNP. L’ordre actuel est aujourd’hui contesté et rejette par l’opinion publique internationale. D’abord, la notion de puissance nucléaire a volé en éclat en 1998 avec les essais indien et pakistanais, qui révélaient au grand jour une capacité acquise une dizaine d’années auparavant. Ensuite, des pays non nucléaires revendiquent un statut de membre permanent au Conseil. Enfin, certains (l’Inde) ont espéré que leur statut nucléaire leur ouvrirait les portes du Conseil. Et ce sont les États de l’EDAN qui, au nom d’un TNP qu’ils ne respectent pas, refusent aux autres États du monde l’accès au nucléaire civil et militaire et même dans le cas de l’Iran, l’accès à la maîtrise du processus complet d’enrichissement de l’uranium à des fins civiles parce que celle-ci lui permettrait d’avoir accès facilement au nucléaire militaire. Plus paradoxale encore est l’attitude des membres du Club nucléaire vis-à-vis des trois États rebelles l’Inde, le Pakistan et Israël qui ne veulent plus signer le TNP, parc qu’ils deviennent dissuasifs et sont dotés d’un arsenal nucléaire. Les Etats-Unis viennent de signer un accord avec l’Inde qui prévoit une dissociation entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire de cet Etat. En fait, l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) contrôlera le nucléaire civil suivant les règles du TNP, ce qui permettra à l’Inde de satisfaire à terme ses immenses besoins énergétiques civils, mais l’Inde gardera son autonomie vis-à-vis du nucléaire militaire c’est-à-dire son indépendance, dans le développement des bombes atomiques. S’inscrire dans le réseau mondial nucléaire civil permet à l’Inde d’acquérir de l’uranium sur le « marché » et à quelques grands pays fournisseur d’uranium enrichi notamment : Israël, les Etats-Unis, le Canada, la France et la Russie, et bien d’autres non répertoriés par l’AIEA de profiter de quelques contrats intéressants (centrales nucléaires, etc.) sans oublier quelques juteux contrats d’armements classiques. Notons que quelques spécialistes indiens de la dissuasion n’étaient pas très partisans de cet accord qui freine, d’après eux, l’accès de l’Inde à une « dissuasion minimum crédible ». Il est bon de souligner ici que l’accès à celle-ci signifie essentiellement « capacité de contre-frappe » c’est-à-dire capacité de riposter à un agresseur en lui infligeant des pertes intolérables. Cela est bien autre chose que de disposer de quelques armes nucléaires et exige un effort considérable et de longue haleine non seulement dans le domaine des armes mais aussi dans les domaines des vecteurs et de la maîtrise de l’espace. Inutile d’évoquer le cas israélien. Aucun membre du Club nucléaire n’a jamais critiqué l’accès d’Israël au rang de puissance nucléaire, pour de nombreuses raisons d’ailleurs. Le Pakistan pose plus de problèmes pour le Club, mais comme il est devenu un allié des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme international, il est aujourd’hui considéré comme un acteur « responsable » dans le concert des puissances nucléaires. Voilà pourtant un Etat qui non seulement n’a pas signé le TNP est en outre le seul, connu à ce jour, à avoir fait commerce de technologies nucléaires avec… la Corée du Nord ! Et voilà que le Premier ministre pakistanais qui estime, bien entendu, que l’Iran ne désirait pas posséder d’armes nucléaires à l’avenir. Il pense quand même qu’une action militaire contre l’Iran serait catastrophique pour la région et il prône le dialogue entre les parties, comme si le Pakistan avait des leçons de sagesse et retenue à donner aux autres comme Israël. Et c’est ainsi que ces trois États nucléaires entourant l’Iran bénéficient eux de l’amicale compréhension, si ce n’est l’appui total, des membres du Club nucléaire départagé sur la question iranienne. L’avenir de l’arme nucléaire se joue en Asie et au Moyen-Orient. C’est là que se trouvent les arsenaux nucléaires incontrôlables en puissance et en nombre (Israël possède plus de 300 têtes nucléaires) ainsi que les principaux risques de prolifération, et les risques d’emploi (Israël un Etat rebelle au TNP, menace l’Iran signataire du TNP), c’est dans ces pays qu’on peut s’approvisionner en produit nucléaire à bon prix, sans emmerdement. La prolifération nucléaire est assuré par la vulgarisation des armes nucléaires sans risque d’être utilisées quant à la dissuasion elle a tendance de disparaitre. D’autres armes sont beaucoup plus destructives que le nucléaire et qui font peur. Le nucléaire n’a plus le monopole de dissuasion, bien qu’aucune technologie envisageable aujourd’hui n’ait les mêmes effets physiques et psychologiques.
    Conclusion L’arme nucléaire reste le monopole des Etats, quant à la dissuasion elle deviendra la propriété du terrorisme.
    Expert en énergie
    Déposé sur presse le 05/08/2009
    Algerian Society For International Relations

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