Le président de l’APC de Berriane, Hadjadj Bahmed, a été la seule autorité locale à avoir accepté de nous recevoir. Hadjadj Bahmed estime que le calme, qui s’est installé ces jours-ci, peut être précaire « car l’application de la feuille de route, signée par les représentants des deux communautés, rencontre des difficultés », dit-il. Le même responsable estime qu’un véritable climat de peur s’est installé dans la région.
« On ne peut pas travailler dans l’insécurité. Même les entreprises refusent de s’impliquer dans des projets à cause de cette situation qui s’enlise. Les événements de Berriane dépassent tout le monde. Il s’agit de proposer des réponses au niveau de différents secteurs économique, social, sécuritaire », indique le P/APC. « Dans un premier temps, nous prévoyons un projet de déviation de la route nationale. Il y aura une nouvelle route devant contourner la ville, car il n’est plus question que les citoyens payent le prix de ces événements.
Le projet, qui sera lancé dans 3 ou 4 mois, devra engloutir une enveloppe de 200 milliards de centimes, dont 60 sont déjà dégagés », précise le premier magistrat de la commune. La localité de Berriane, d’une superficie de 2250 km2 et qui compte 35 000 habitants, recense un taux de 12% de chômeurs. « Nous avons un budget déficitaire et pas beaucoup de recettes, hormis la taxe sur le droit de passage du pipeline de Hassi R’mel qui représente le quart des recettes de la commune.
Nous comptons une usine de batteries, qui a été endommagée par les inondations, et trois stations de concassage de pierres. Hassi R’mel est à 10 km à vol d’oiseau et nous n’en bénéficions même pas. Les jeunes de Berriane ne peuvent y travailler, car une loi impose qu’il faut être résidant à Hassi R’mel pour prétendre à un emploi. Nous avons demandé la révision de cette condition », souligne Hadjadj Bahmed. Si Berriane ne profite pas de Hassi R’mel, elle subit toutefois la pollution que le complexe gazier engendre. « Nous avons un problème crucial de pollution dû aux rejets des huiles dans l’oued Bellouh.
C’est un vrai risque écologique auquel nous devons faire face et que nous avons dénoncé, mais sans que les hautes autorités ne nous répondent », souligne le responsable en notant que Berriane compte aussi des puits d’extraction de gaz sans en profiter. Le premier magistrat de la commune estime que l’oisiveté pousse les jeunes dans les bras de la manipulation. « Sans emploi, sans la possibilité de se marier, les jeunes deviennent vulnérables et à la moindre tension, leur colère explose », conclut M. Hadjadj.
Par Nadjia Bouaricha


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mai 12th, 2009 at 19 h 10 min
Les habitants de notre immense Sahara ont le droit de reclamer leur part des recettes provenant de la vente de leur gaz et petrole, pillees par le clan de Tlemcen.
Ils en ont marre de voir le colonialisme remplace par un autre.
Les « evenements » de Berriane et de Ouargla ont pour cuase cette injustice.