Liberté de la presse : une ONG américaine interpelle le président Bouteflika

Au lendemain du discours d’investiture dans lequel le président Bouteflika s’était engagé à « respecter la liberté de la presse », le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé aux Etats-Unis, a adressé une lettre au président de république pour l’exhorter de mettre fin aux « abus contre la presse ».

Dans sa correspondance, l’organisation américaine de défense des journalistes note que de nombreux cas de ces abus se sont produits durant la campagne électorale pour la présidentielle du 9 avril 2009. Le CPJ cite notamment l’empêchement, le 4 avril, par les autorités de l’entrée en Algérie de Sihem Bensedrine, journaliste tunisienne et militante des droits de l’homme. Cette dernière avait été invitée par la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) pour suivre le déroulement de l’élection dans les médias. Elle avait été « contrainte par la police aéroportuaire de quitter l’Algérie à bord du même avion qu’il l’avait amenée de Paris. Cependant, aucune explication n’a été fournie », souligne le document.

Le CPJ relève également l’absence « totale de débats critiques » dans les médias sur l’élection présidentielle. De même qu’une « tendance des médias d’État, en particulier les chaînes de radio et de télévision, à accorder un traitement de faveur au président sortant au détriment de ses cinq opposants ».

Le document cite, en outre, l’interdiction en Algérie au cours de la campagne électorale, de trois hebdomadaires français, L’Express, Marianne et Le Journal du Dimanche. Cette mesure a été prise pour « avoir prétendument » violé l’article 26 du Code de l’information algérien de 1990, selon le CPJ. L’article en question interdit la publication de tout contenu « contraire aux valeurs islamiques et nationales et aux droits de l’homme, ou qui font l’apologie du racisme, du fanatisme et de la trahison ». Ce qui, explique, n’est pas le cas s’agissant des articles incriminés. Début mars, le mensuel basé à Paris, Afrique Magazin (AM), a été confisqué à l’aéroport d’Alger pour violation des « valeurs nationales », rappelle aussi CPJ.

Citant de nombreux journalistes algériens et défenseurs des droits de l’homme, l’organisation souligne que « les mesures contre le journalisme indépendant se sont progressivement intensifiées au cours des trois dernières années », et que le gouvernement algérien semble « de plus en plus enclin à utiliser des mesures sévères pour réduire au silence et punir les journalistes critiques ».

Par yasmine djaber , le 21/04/2009 | Pour TSA

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