Ainsi donc, ils seraient nombreux en ce moment à attendre de Abdekka qu’il « leur renvoie » l’ascenseur ». J’avoue que d’apprendre ce genre de nouvelles m’interloque au plus haut point. D’abord, je pensais que le monsieur avait été réélu à 90,23% pour « mal-diriger » le pays, pas pour faire mumuse avec un ascenseur.
Ensuite, il ne me serait jamais venu à l’esprit de penser un instant que le plébiscité travaillait en douce pour l’une des grosses boites mondiales d’ascenseurs, Otis, ATS, Mitsubishi, Drieux Combaluzier ou Orona. Et enfin, je n’arrive pas, même en me forçant un peu, à imaginer, d’une part, Abdekka assis devant un monitor géant commandant des centaines d’ascenseurs, et , d’autre part, des milliers de mecs postés anxieusement devant la porte d’un ascenseur attendant que le raïs leur envoie enfin une cabine. Remarquez, je suis très peu versé dans la science apparemment très sophistiquée des ascenseurs.
Pour moi, l’histoire des ascenseurs en Algérie s’est quasiment arrêtée avec l’indépendance du pays er le départ de ceux qui les maintenaient en état de marche, les colons. Faut croire que non ! Et me faut absolument réviser mes classiques en matière de culture d’ascenseurs. En commençant par bannir les clichés. Les ascenseurs fonctionnent encore dans mon pays. Je me hasarderais presque à affirmer qu’ils n’ont jamais aussi bien fonctionné. La preuve, le nombre impressionnant de compatriotes qui attendent du président qu’il leur renvoie l’ascenseur.
Ils ne sont tout de même pas tous fous. S’ils attendent fébrilement, le doigt sur l’interrupteur l’arrivée d’un ascenseur, c’est qu’il va bien finir par arriver. En même temps, admettez avec moi que ça donne de drôles d’allures à l’Algérie. D’un côté, une faune d’affairistes et d’aopportunistes qui attendent un renvoi d’ascenseur. Et de l’autre, des trains qui regardent passer les vaches…
Le Fumeur de thé

