LA COMMISSION DE SURVEILLANCE DES ÉLECTIONS: La polémique s’installe

Alors que les deux premières semaines de campagne s’étaient déroulées dans des conditions que l’on pourrait qualifier de «bonnes », le risque est grand de voir le climat dégénérer brusquement en cette troisième et dernière semaine. Et pour cause… Comme il fallait s’y attendre, le président de la Commission nationale de surveillance de l’élection présidentielle, le magistrat Mohamed Teguia, a riposté avec une rare virulence aux accusations lancées quelques jours auparavant par trois candidats à propos de « dépassements » constatés dans le déroulement de la campagne électorale, avec menaces à la clé de se retirer dans le cas où rien n’était fait pour y remédier.

Ce qui étonne le plus dans la « riposte » de Teguia c’est que la saisine des trois candidats, Ali Fawzi Rebaïne, Mohamed Saïd et Moussa Touati en l’occurrence, était adressée au Premier ministre, qui préside la Commission de préparation de l’élection présidentielle, et non pas le président de la Commission de surveillance. Il est permis de se demander, dès lors, si cette sortie ne risque pas d’envenimer les choses, et de déboucher sur une fin de semaine et un début de la suivante relativement mouvementés.

C’est, en tous cas, ce que nous ont affirmé des représentants des candidats concernés, que nous avons pu joindre hier au téléphone. Mohamed Teguia, qui a en quelque sorte tenu à se justifier en mettant en avant le caractère « indépendant » de la commission qu’il préside, s’est également permis de commenter la « démarche » des candidats, les accusant d’ « avoir recherché de faux prétexte pour mettre en avant leur menace de retrait de la course aux présidentielles ». Or, comme nous le disent nos sources, « cette réflexion, qui constitue une attaque directe envers les candidats concernés, tend étalement à prouver que cette commission de surveillance, pour indépendante qu’elle soit, est quand même dirigée par un président qui, lui, n’est pas tout à fait objectif ».

Pour rappel, les premiers dérapages, si l’on excepte l’affichage sauvage mené par les représentants d’un ou deux candidats, avaient commencé lorsque le Secrétaire général du FLN, sans la moindre raison valable, s’en était pris violement, usant d’un ton injurieux et indigne de son statut, au restant des candidats. La riposte de Mohamed Saïd, président du PLJ, avait été d’une très rare violence, annonçant en même temps la fin de la trêve et le début d’hostilités dont personne ne connaît la fin, et la finalité surtout… En effet, à peine deux jours plus tard, les trois candidats cités plus haut devaient revenir à la charge à travers la tenue d’une conférence de presse de leurs représentants, la saisine officielle du Premier ministre et l’exigence pour que la commission qu’il préside tienne en extrême urgence une réunion afin de prendre en charge l’ensemble des problèmes et dépassements soulevés dans le document que notre journal avait mis en avant dans une précédente édition.

Mais au lieu de voir cette commission réagir, c’est Mohamed Teguia qui vient de jeter en quelque sorte un véritable pavé dans la mare. Il est à signaler que les deux autres candidats, Louisa Hanoune et Djahid Younsi, qui ne se sont pas joints à cette démarche, n’en ont pas moins mis en avant, eux aussi, bon nombre de dépassements constatés un peu partout sur le terrain. Cela va de la non disponibilité des salles mises à la disposition des candidats jusqu’aux couvertures tronquées de la télévision, en passant par le manque cruel de moyens de transports, de financements et même d’infrastructures immobilières.

02 04 2009
Mohamed Abdoun

http://www.lecourrier-dalgerie.com/papiers/actualite.html#5

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